Vivre avec Charcot : le combat quotidien d'Isabelle et Jacques Giraud
Vivre avec Charcot : le combat quotidien d'un couple

Isabelle et Jacques Giraud doivent composer, au jour le jour, avec la maladie de Charcot. Cette juriste retraitée de 68 ans a ressenti les premiers symptômes il y a trois ans. Presser une pince à linge lui était devenu impossible. Une électromyographie a révélé un trouble sensitif, et le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA) a été posé à l'hôpital Gui-de-Chauliac.

Un quotidien bouleversé

« Elle avait aussi de petits troubles de l'élocution », explique Jacques, vétérinaire retraité et mari aidant. En trois ans, Isabelle a perdu l'usage de sa bouche. Elle communique désormais par mouvements de tête, des yeux et par écrit. Quand elle sort, elle brandit une feuille indiquant « Je ne parle pas ». Incapable de déglutir, elle s'alimente via une sonde gastrique, ce qui lui a permis de regagner du poids après être passée de 60 à 46 kg.

Le maintien des liens sociaux

Le couple continue de sortir au restaurant et chez des amis. « Isabelle regarde les autres manger, mais nous voulons continuer à vivre. Nos amis ont très bien réagi, c'est essentiel », confie Jacques. Les « cafés rencontre » de l'Association pour la recherche sur la SLA (Arsla) aident à maintenir le lien social et pallient le manque d'information ressenti du côté du CHU.

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Une dégradation progressive

Isabelle prend du Riluzole, seule molécule autorisée en France pour ralentir la destruction des cellules nerveuses. Mais son état se dégrade : s'habiller devient difficile, « je perds mes mains ». Elle utilise un ordinateur et jardine avec l'aide de Jacques. Son équilibre est précaire ; elle a chuté juste avant l'entretien, le visage ensanglanté. Une rampe d'accès est envisagée. Elle ne conduit plus et marcher est une épreuve. « Je porte un masque la nuit pour faire travailler les muscles respiratoires », dit-elle.

Le couple a renoncé aux conférences de l'Université du tiers temps, car Isabelle ne veut pas être vue en fauteuil. « Il faut un peu d'humour dans cette situation, ou on finit à l'asile », plaisante Jacques. Isabelle, elle, ne se plaint pas : « Je pleure de temps en temps. »

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