Une vaste étude menée par des chercheurs français et publiée dans la revue Annals of Oncology révèle que le vaccin contre le Covid-19 améliore de façon très légère la survie globale des patients atteints de cancer et traités par immunothérapie. Selon les données, la survie à un an est passée de 78 % à 82 % chez les patients vaccinés, soit un gain de 4 points de pourcentage. En revanche, le vaccin n'a montré aucun effet significatif sur la réponse tumorale elle-même.
Une étude sur plus de 1 000 patients
L'étude a inclus 1 023 patients atteints de divers cancers (poumon, mélanome, rein, etc.) et recevant des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, une forme d'immunothérapie. Les patients ont été suivis pendant une médiane de 12 mois après leur vaccination. Les résultats montrent que le vaccin n'a pas amélioré le taux de réponse objective (réduction de la tumeur) ni la survie sans progression de la maladie. Cependant, la survie globale était légèrement meilleure dans le groupe vacciné.
Un effet indirect sur le système immunitaire
Les chercheurs avancent l'hypothèse que le vaccin pourrait stimuler le système immunitaire de manière non spécifique, renforçant ainsi la capacité de l'organisme à combattre le cancer, sans pour autant agir directement sur les tumeurs. "Le vaccin pourrait réactiver certaines cellules immunitaires qui aident à contrôler la maladie à long terme", explique le Dr. Jean-Pierre Delord, oncologue à l'Institut Claudius Regaud de Toulouse et co-auteur de l'étude. "Mais cet effet est modeste et ne remplace en aucun cas les traitements standards."
Des implications pour la pratique clinique
Ces résultats suggèrent que la vaccination contre le Covid-19 pourrait avoir un bénéfice additionnel chez les patients sous immunothérapie, au-delà de la protection contre le virus. Cependant, les auteurs insistent sur le fait que l'effet observé est trop faible pour justifier une modification des protocoles de traitement. "Il s'agit d'une observation intéressante, mais qui nécessite d'être confirmée par d'autres études avant de pouvoir être traduite en recommandations", précise le Pr. Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave Roussy, qui a participé à l'étude.
Des limites à prendre en compte
L'étude présente plusieurs limites, notamment son caractère observationnel et non randomisé. Les patients vaccinés étaient en moyenne en meilleure santé générale que les non-vaccinés, ce qui pourrait biaiser les résultats. De plus, la période de suivi est relativement courte. Malgré ces réserves, les données apportent un éclairage nouveau sur les interactions entre vaccins et immunothérapie.



