Tribune : la psychiatrie publique ne peut plus être le parent pauvre
Tribune : la psychiatrie publique ne peut plus être le parent pauvre

Un cri d'alarme pour la psychiatrie publique

Dans une tribune publiée par Libération, des psychiatres, soignants et directeurs d'établissements tirent la sonnette d'alarme sur l'état de la psychiatrie publique en France. Ils dénoncent un sous-investissement chronique qui met en péril l'accès aux soins pour des millions de patients.

Des décennies de négligence

Depuis les années 1980, la psychiatrie publique subit des coupes budgétaires successives, entraînant une diminution des lits d'hospitalisation et une pénurie de personnel. Les services sont saturés, les délais d'attente s'allongent et les patients sont souvent orientés vers le privé lucratif ou laissés sans suivi.

Les signataires rappellent que la santé mentale est un enjeu de santé publique majeur : une personne sur cinq souffre de troubles psychiques au cours de sa vie. Pourtant, la psychiatrie ne représente qu'une part infime du budget de la Sécurité sociale, bien loin des besoins réels.

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Des conséquences dramatiques

Cette situation a des répercussions tragiques : augmentation des passages aux urgences pour motifs psychiatriques, recours accru à l'hospitalisation sous contrainte, et aggravation des pathologies faute de prise en charge précoce. Les professionnels alertent également sur le risque de désertification médicale dans les zones rurales.

Ils pointent du doigt la responsabilité des pouvoirs publics, qui n'ont pas su mettre en œuvre les réformes nécessaires malgré les rapports alarmants. Le plan « Psychiatrie et santé mentale » de 2018 est jugé insuffisant et mal financé.

Des solutions urgentes

Les cosignataires proposent plusieurs mesures : un plan d'urgence pour recruter et former du personnel, la création de lits supplémentaires, le développement de structures intermédiaires (hôpitaux de jour, centres d'accueil) et une meilleure coordination avec la médecine de ville.

Ils appellent à un « New Deal » pour la psychiatrie, avec un financement pérenne et une reconnaissance de la spécificité de cette discipline. Sans cela, préviennent-ils, c'est tout le système de santé qui risque de s'effondrer.

Un enjeu de société

La tribune insiste sur le fait que la psychiatrie publique est un bien commun, garant de l'égalité d'accès aux soins. En la laissant se dégrader, la société renonce à protéger les plus vulnérables. Les signataires espèrent que leur appel sera entendu par le gouvernement et les candidats à la présidentielle.

Ils concluent : « Il est encore temps d'agir, mais l'urgence est absolue. La psychiatrie publique ne peut plus être le parent pauvre de notre système de santé. »

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