Sport en France : l'offre ne répond plus à la demande des jeunes
Sport en France : l'offre ne répond plus aux jeunes

Une pratique sportive en mutation

Professeur d'EPS pendant dix ans puis enseignant en Staps, Guillaume Dietsch est l'auteur de "La France n'est pas un pays de Sport ?". Il analyse un système français égalitaire où les fédérations ont du mal à s'adapter à des pratiques de plus en plus tournées vers le sport plaisir, sans cadre ni contraintes.

La sédentarité des jeunes : un constat alarmant

Interrogé sur la sédentarité grandissante des jeunes, Dietsch rappelle que les études alertent depuis près de dix ans. La question se pose différemment aujourd'hui en raison de l'évolution du rapport à la pratique sportive. C'est la baisse d'activité physique cumulée à la sédentarité qui pose problème.

Un modèle scolaire à bout de souffle ?

En 2023, la France prévoit 3 heures d'EPS en primaire, 4 heures au collège et 3 heures au lycée, dépassant la moyenne européenne de 109 minutes par semaine. Mais en réalité, les élèves n'ont que 1 h 45 en primaire. L'Allemagne privilégie la pratique extrascolaire. La volonté d'égalité par l'EPS se heurte à des installations insuffisantes et vétustes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'héritage des JO de Paris en question

La baisse des budgets sportifs après les JO traduit-elle une négligence ? Dietsch estime que les promesses étaient démesurées. L'héritage sportif ne se décrète pas, il se construit avec des politiques publiques. Le sport pourrait être un levier de cohésion sociale dans un pays fracturé. L'effet JO s'est fait sentir en 2024, mais des fédérations ont refusé des licenciés faute de place.

Le décalage avec les attentes des jeunes

En France, l'accès au sport à coût modéré permet aux familles d'inscrire un enfant, contrairement aux modèles anglo-saxons élitistes. Mais ce modèle ne répond plus à la demande. Les jeunes ne sont plus tournés uniquement vers la performance. Plus de 60 % des pratiquants le font en dehors des structures, de manière autonome et flexible, dans des espaces publics comme les skate parcs ou les salles de musculation. Ils recherchent le plaisir et la santé, via des communautés connectées sur les réseaux sociaux.

Les fédérations en difficulté

Les fédérations peinent à répondre à cette demande et à fidéliser les licenciés au-delà de 11-12 ans. Un décrochage important touche aussi les filles autour de 15-16 ans. Dietsch propose, à l'image du Danemark, d'investir les espaces sportifs publics, souvent accaparés par des sportifs aguerris, et de réserver des créneaux encadrés par des associations pour attirer les moins sportifs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale