Sept ans de prison requis contre l'ex-dentiste de Lozère pour mutilations
Sept ans requis contre l'ex-dentiste de Lozère

Sept ans de prison requis contre l'ancien chirurgien-dentiste de Lozère

Le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, a requis ce jeudi 7 mai une peine de sept ans de prison ferme à l'encontre de José Pereira Mendes, 61 ans, ancien chirurgien-dentiste exerçant à Badaroux, près de Mende, entre 2019 et 2021. Il est accusé d'avoir arraché des dents sans justification médicale à des dizaines de patients, puis de les avoir remplacées par des implants, une procédure bien plus lucrative que de simples couronnes. Le préjudice pour la Sécurité sociale est estimé à plus de 300 000 euros, via des facturations frauduleuses.

Des réquisitions sévères

Le procureur a dénoncé « l'absence totale de reconnaissance de culpabilité, le comportement victimaire, mensonger et dissimulateur » de l'accusé, le qualifiant de « honte et déshonneur d'une profession tout entière ». Il a requis un mandat de dépôt à la barre, une interdiction professionnelle définitive et une interdiction définitive du territoire français.

« Il a mis au profit ses connaissances professionnelles et son statut de chirurgien-dentiste à la seule fin de récupérer des sommes indues en mutilant ses patients. Il a abusé la confiance du système de protection sociale français », a-t-il ajouté.

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Les avocats des parties civiles dénoncent les carences des contrôles

Dans la matinée, les avocats des patients, constitués partie civile, ont été tout aussi virulents. Me Catherine Szwarc, représentant une trentaine d'anciens patients, a souligné que « les organismes de contrôle n'ont pas joué leur rôle devant une épidémie d'implants qui a gagné Badaroux : 500 implants en deux ans pour un village de 500 habitants, cela aurait pu éveiller des soupçons ». Elle a rappelé que l'Ordre des dentistes avait été saisi dès mars 2020, mais que le praticien était resté inscrit jusqu'à son arrestation en 2021.

« L'intégralité des parties civiles que je représente a eu affaire au docteur Mendes à partir de mai 2020. Nous ne serions pas là si l'organisme de contrôle avait fait son travail », a-t-elle insisté, balayant les arguments de la défense qu'elle qualifie de « secrétaires voleuses et menteuses, des patients menteurs et de mauvais comptables ».

L'appât du gain

Me Szwarc a brandi une carte Vitale, affirmant que « cet argent a une couleur, c'est le vert, qui devient l'instrument de la captation des fonds publics ». Me Philippe Pouget, pour la CPAM, a réclamé une sanction implacable : « Nous devons être implacables avec les fraudeurs qui sont en train de saper notre système. On ne fraude pas par plaisir ou par erreur. C'est par une volonté de lucre. »

L'avocate de l'Ordre départemental des dentistes a déclaré que « l'image même du chirurgien-dentiste a été atteinte » et a réclamé 50 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.

Jugement attendu en fin de journée

La parole est désormais à la défense. Le jugement est attendu en fin de journée. José Pereira Mendes, radié de l'Ordre en 2022, comparaît pour « violence ayant entraîné une mutilation, escroquerie et blanchiment ». Une cinquantaine de ses anciens patients se sont portés partie civile.

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