Le service de réanimation pédiatrique de l'hôpital Bicêtre au cœur d'un scandale
Des accusations graves pèsent sur le service de réanimation pédiatrique de l'hôpital Bicêtre, dans le Val-de-Marne. Deux anciennes internes ont lancé l'alerte, dénonçant des soupçons d'acharnement thérapeutique, des brimades, des humiliations et du sexisme. Le chef de service, le Pr Pierre Tissières, est particulièrement visé. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet.
Des conditions de travail délétères
Juliette (prénom modifié), docteure junior de novembre 2025 à fin février 2026, raconte avoir été mise en arrêt maladie après avoir subi des conditions de travail toxiques. Elle décrit un rituel bien rodé : au début de chaque semestre, le Pr Tissières rappelle aux nouveaux stagiaires qu'une interne a tenté de se suicider dix ans plus tôt, ajoutant qu'il faut « avoir les épaules solides » pour travailler dans le service. Juliette se souvient du « petit sourire en coin » du médecin.
Elle affirme avoir assisté à ce qu'elle estime être de l'acharnement thérapeutique sur des patients, ainsi qu'à des comportements sexistes et humiliants. Le service, qui comprend une réanimation néonatale, une unité Kangourou, une maternité et une salle de naissance, peut accueillir une trentaine de patients en état critique.
Une alerte relayée par le syndicat
En mars, Juliette a saisi le Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP), rejointe par Marion, une autre docteure junior également en arrêt maladie. Ensemble, elles ont dénoncé des faits si graves que l'instance a immédiatement lancé une enquête. Les détails de l'enquête sont encore confidentiels, mais le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour faire la lumière sur ces accusations.
Le Pr Tissières, chef de la réanimation pédiatrique, n'a pas encore répondu publiquement aux accusations. L'hôpital Bicêtre, établissement clé pour la prise en charge des enfants en Île-de-France, se retrouve au centre d'une polémique qui soulève des questions sur la culture interne du service.



