Psychiatrie à La Seyne : des patients créent un collectif face à la pénurie imminente de médecins
Patients mobilisés à La Seyne contre la pénurie de psychiatres

Psychiatrie à La Seyne : des patients créent un collectif face à la pénurie imminente de médecins

À l'hôpital de La Seyne, où le bon fonctionnement de la psychiatrie est en danger, des patients ont décidé de prendre part à la défense de cette structure publique qui leur permet « de tenir ». Ils sont les premiers concernés par l'avenir, actuellement incertain, du secteur psychiatrique dans cet établissement varois.

Un collectif baptisé « Patients en danger »

Certains patients ont pris l'initiative de former un collectif, baptisé « Patients en danger », pour se faire entendre. Patrick et Valérie en font partie. Le premier est suivi au Centre d'activités thérapeutiques et de temps de groupe (CATTG), comme une centaine d'autres patients ; la seconde, à l'hôpital de jour (HDJ), fréquenté par une soixantaine d'habitants de l'ouest-Var.

La situation est alarmante : une pénurie de médecins psychiatres menace dangereusement le bon fonctionnement des services. À la fin juin, trois des quatre actuellement en poste seront partis, et aucune solution de remplacement ne pointe à l'horizon.

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Des craintes profondes pour l'avenir

« Le plus important, c'est nous, les patients », clame Nicolas, qui dit « aller bien en ce moment » grâce au suivi dont il bénéficie. Il craint que si les pathologies traitées ne sont pas suffisamment encadrées, les risques incluent la désociabilisation, le repli sur soi et les crises.

« Si, faute de médecins, on est obligé de se tourner vers le libéral, 95 % d'entre nous ne pourront plus être soignés », explique-t-il. « Ça fait dix ans qu'on voit le nombre de médecins diminuer toujours plus, sans que rien de concret n'aboutisse. Alors oui, on craint, à terme, une fermeture. »

Un pilier essentiel pour les patients

Valérie complète : « Pour beaucoup d'entre nous, cet endroit est notre seul pilier, notre unique lien social. On est beaucoup à être sans travail, sans famille. C'est ça qui nous fait nous lever le matin, tenir, pour ne pas disjoncter. »

Le collectif rejoint la position de l'intersyndicale, à l'origine d'un mouvement lancé le mois dernier, en insistant sur l'absence de demi-mesure dans la prise en charge de personnes souffrant de troubles psychotiques parfois très lourds.

Réactions institutionnelles

La direction générale du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne (Chits) a minimisé cette échéance, soulignant que la pénurie de psychiatres est nationale. Elle a toutefois assuré de son « attachement » au service et précisé qu'elle usait de divers leviers pour favoriser des recrutements.

Néanmoins, elle n'exclut pas de devoir « adapter provisoirement » le service en attendant du renfort, pour le suivi et la sécurité des patients et du personnel soignant.

Ce mardi matin, la direction est venue écouter les représentants du collectif, tandis qu'une élue de la nouvelle majorité de La Seyne, Nadine Garcez, était sur place pour se rendre compte de la situation.

Les patients, à travers leur mobilisation, rappellent avec force l'importance cruciale de cette structure pour leur équilibre et leur santé mentale, dans un contexte de pénurie médicale croissante.

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