Triathlète de haut niveau contrainte d'arrêter par la maladie de Lyme : le combat d'Angelica Olmo
Maladie de Lyme : le combat d'une triathlète de haut niveau

Le parcours brisé d'une championne de triathlon face à la maladie de Lyme

Angelica Olmo, triathlète italienne de 29 ans installée à Saint-Raphaël depuis 2021, a vu sa carrière prometteuse brutalement interrompue par la maladie de Lyme. Cette ancienne membre du top 10 mondial, plusieurs fois médaillée en coupe du monde, témoigne aujourd'hui de son combat contre cette infection bactérienne qui perturbe gravement son système neurologique.

Une ascension sportive stoppée net

Depuis l'âge de 10 ans, le quotidien d'Angelica Olmo était rythmé par la natation, le cyclisme et la course à pied. Son talent l'a propulsée parmi l'élite mondiale du triathlon, avec notamment une deuxième place lors d'une manche de coupe d'Europe à Melilla en 2021, derrière des championnes olympiques et mondiales.

"Ce jour-là, j'ai fini au sprint avec Léonie Périault. J'avais beaucoup d'espoir cette saison-là, j'étais très en forme", se souvient-elle. Mais les premiers signes de la maladie apparaissaient déjà, sans qu'elle ne puisse les identifier.

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Les Jeux olympiques de Tokyo : un tournant douloureux

Sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 s'est soldée par un abandon. Dix jours avant la compétition, elle a subi une crise sévère avec des raideurs, une nuque bloquée et des évanouissements.

"Je mettais ça sur le compte du stress, les 8 heures de décalage horaire. Je pars très bien mais au 1er tour de natation tout le monde me dépassait sans que je puisse réagir", raconte-t-elle. Cette expérience marque le début d'une longue descente aux enfers médicale.

Le diagnostic tardif et le traitement complexe

Ce n'est qu'après sa victoire au Clash Daytona fin 2022, une course de longue distance, que la situation devient critique. Son médecin italien lui fait finalement passer des tests qui révèlent une borréliose positive, confirmant la maladie de Lyme.

Le traitement s'avère particulièrement complexe :

  • Un premier mois de traitement aux infectieux à Nice qui aggrave son état
  • Une orientation vers une clinique privée en Allemagne spécialisée
  • Cinq semaines d'antibiotiques intraveineux et de thérapies intensives
  • La découverte de quatre bactéries différentes, dont la bartonellose

"La docteure en Allemagne m'a dit que j'étais un cas complexe. Ton corps ne sait pas où lutter", explique Angelica Olmo.

Un quotidien transformé par la maladie

La vie de la sportive a radicalement changé. Elle consomme jusqu'à quarante gélules par jour, mélange d'antibiotiques, de compléments alimentaires et d'huiles essentielles pour soutenir son système immunitaire.

"Pour une demi-heure de sport, je devais dormir quatre heures... Je dormais jusqu'à 18 heures par jour. J'avais comme des hallucinations", témoigne-t-elle. Impossible pour elle de reprendre un travail normal, certaines semaines la clouant au lit.

Les origines incertaines de l'infection

Angelica Olmo ignore comment elle a contracté la maladie. Passionnée de nature depuis l'enfance, elle n'a jamais remarqué de morsure de tique, sachant que l'auréole caractéristique n'apparaît que chez 30% des patients.

"Je vis peut-être avec depuis l'adolescence. J'avais souvent des inflammations. Je me disais que j'avais un terrain inflammatoire. Mais ça devenait de pire en pire", analyse-t-elle rétrospectivement.

Un avenir sportif incertain

Après deux ans et demi de traitement continu, la triathlète garde un espoir mesuré. Elle a participé récemment à des compétitions d'hyrox, mais paye cher chaque effort physique.

"À l'hyrox de Turin, j'y suis allée au talent. Je me suis mis chiffon et j'ai adoré. Ça me manquait. Mais après, ça a été une descente aux enfers", confie-t-elle.

Son mari, Léo Bergère, triathlète médaillé olympique, poursuit sa carrière tandis qu'elle l'accompagne parfois à l'entraînement. Mais Angelica Olmo a dû abandonner sa mentalité de sportive de haut niveau : "Je le faisais avant, mais j'ai arrêté. La déception était trop grande. Je suis plus rationnelle maintenant."

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Un témoignage pour sensibiliser

À travers son récit, Angelica Olmo souhaite faire connaître cette maladie souvent sous-estimée. "Je ne sais pas combien de gens ont cette maladie sans le savoir. Elle n'est pas prise au sérieux par rapport à un cancer", déplore-t-elle.

Son combat continue, avec l'espoir de retrouver un jour une qualité de vie acceptable, même si le retour au triathlon de haut niveau semble désormais compromis. La route a effectivement été cabossée pour cette athlète qui n'a jamais pu accomplir tout son potentiel sportif.