La maison médicale de garde de Nîmes fête ses 15 ans : 23 000 patients par an
Maison médicale de garde de Nîmes : 15 ans et 23 000 patients

La maison médicale de garde (MMG) de Nîmes, créée en juin 2011 au CHU Carémeau, est devenue un acteur incontournable de la permanence des soins ambulatoires dans le Gard. Quinze ans après son ouverture, elle accueille entre 23 000 et 24 000 patients par an et a innové en déployant des médecins mobiles dans les Ehpad et au domicile des personnes âgées.

Une création pour organiser les gardes

Le professeur Marc Garcia, l'un des fondateurs, explique que la MMG a été créée pour sécuriser et organiser la permanence des soins ambulatoires. Auparavant, les médecins généralistes assuraient des gardes à tour de rôle sur huit secteurs autour de Nîmes, une organisation complexe. Grâce à des subventions de l'Agence régionale de santé (ARS), l'association Copernic, portée par Garcia, le professeur Michel Amouyal et le docteur David Costa, a pu bâtir la MMG sur un terrain du CHU, près des urgences. Le projet a mis quatre ans à se finaliser.

Fonctionnement et fréquentation

La MMG est ouverte en semaine de 20 h à minuit, le samedi de midi à minuit et le dimanche de 8 h à minuit. Les médecins généralistes y effectuent leur garde par roulement. Idéalement, les patients y accèdent après régulation par le 15 ou depuis les urgences, mais beaucoup viennent d'eux-mêmes, sans pouvoir être refusés. Au premier jour, seuls trois patients s'étaient présentés. Aujourd'hui, trois médecins sont en permanence, avec une centaine de titulaires et une quarantaine de remplaçants volontaires. En semaine, on compte environ 50 actes par soir, 120 le samedi, et entre 150 et 200 le dimanche, avec des pics lors des épidémies de grippe ou des congés estivaux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Budget et financement

Le budget de fonctionnement de la MMG est d'environ 240 000 €, à l'équilibre. L'ARS contribue à hauteur de 185 000 €, et les médecins reversent leur astreinte (60 à 100 € par garde) à l'association.

Désengorgement des urgences ?

Interrogé sur le rôle de la MMG pour désengorger les urgences de la "bobologie", le professeur Garcia se montre réservé. Il juge le terme "exaspérant" et rappelle que tout patient a besoin d'une prise en charge médicale. Avec la baisse de la démographie médicale, il n'est pas certain que la MMG désengorge vraiment les urgences.

Innovation : les médecins mobiles

Après le Covid, la MMG a formé des médecins mobiles, issus de son pool, aux soins palliatifs, à la rédaction de certificats de décès et aux pathologies aiguës des personnes âgées. Leur intervention, régulée par le 15, évite aux résidents d'Ehpad d'être envoyés aux urgences. Environ 95 % des personnes vues restent à l'Ehpad, une grande satisfaction selon Garcia, qui souligne que ce travail redonne du sens aux médecins. Depuis peu, à la demande de l'ARS, ces médecins se déplacent aussi au domicile des plus de 80 ans qui ne peuvent se rendre ni à la MMG ni aux urgences. Une quinzaine de médecins mobiles interviennent le week-end. Les urgences souhaiteraient une ouverture en semaine, mais les effectifs ne le permettent pas. Ce dispositif est unique en France et validé par l'ARS.

Participation au service d'accès aux soins (Sas)

La MMG propose aux médecins volontaires de faire leur part de Sas à la maison médicale le samedi matin, s'ils ne peuvent le faire dans leur cabinet. Les patients doivent d'abord passer par le 15 pour accéder à ces consultations. Le dispositif fonctionne bien, et un deuxième médecin pourrait rejoindre l'équipe. Avec plus de volontaires, un créneau supplémentaire de 16 h à 18 h pourrait être ouvert, notamment l'été. Garcia insiste sur la nécessité de toujours passer par le 15.

Aujourd'hui, la MMG est devenue un acteur majeur qui structure l'offre de soins primaires dans le Gard.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale