Journée blanche des ambulanciers : une crise sectorielle inédite face à la dégradation des conditions
Journée blanche des ambulanciers : une crise sectorielle inédite

Journée blanche des ambulanciers : une mobilisation historique face à une crise inédite

Les ambulanciers français se préparent à une journée blanche historique ce mercredi 8 avril, une mobilisation sans précédent orchestrée par la Chambre nationale des services d'ambulance (CNSA). Cette organisation, qui fédère pas moins de 5 000 entreprises privées du secteur dont environ 400 implantées en Nouvelle-Aquitaine, tire la sonnette d'alarme face à ce qu'elle qualifie de « crise sectorielle inédite » menaçant la survie même du transport sanitaire en France.

Une situation financière catastrophique

Christian Menzato, ambulancier œuvrant sur les territoires de Charente, Charente-Maritime et Deux-Sèvres, occupe les fonctions de vice-président national de la CNSA et préside l'association Trajets solutions santé. Il dévoile des chiffres alarmants : « En 2025, nous avons multiplié par trois les défaillances d'entreprises privées d'ambulance », révèle-t-il, précisant que les trésoreries « ont fondu comme neige au soleil ».

Le cœur du problème réside dans une tarification figée depuis 2018, alors même que le secteur doit faire face à des missions d'urgence pré-hospitalière toujours plus exigeantes. « Il manque 300 millions d'euros au secteur du transport sanitaire pour assurer ses missions », insiste Christian Menzato, sans compter les charges supplémentaires estimées à 130 millions d'euros.

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La flambée des prix du carburant vient aggraver cette situation déjà précaire, générant un surcoût supplémentaire de 40 millions d'euros. « En fait, on roule à perte », résume amèrement le représentant des ambulanciers, soulignant l'urgence d'une renégociation des tarifs avec l'Assurance maladie.

La désorganisation hospitalière en cause

Les difficultés ne se limitent pas aux aspects financiers. Les ambulanciers privés, qui assurent près de la moitié des transports d'urgence dans les hôpitaux français, subissent de plein fouet les conséquences de la désorganisation hospitalière. « Nous prenons de plein fouet la désorganisation hospitalière », déplore Christian Menzato.

Les retards administratifs et les attentes interminables aux urgences, pouvant atteindre deux heures, alourdissent considérablement la charge de travail. « Nous sommes désormais contraints d'assurer des formalités administratives qui ne devraient pas nous incomber », explique-t-il, précisant que si les salariés sont payés durant ces attentes, les entreprises, elles, ne sont pas indemnisées par l'Assurance maladie pour ces dépassements.

Un protocole signé avec l'Assurance maladie pour la maîtrise des dépenses et la lutte contre la fraude a paradoxalement généré des difficultés supplémentaires dans les missions d'urgence pré-hospitalière. À cela s'ajoutent les délais de paiement excessivement longs imposés par certains hôpitaux, fragilisant davantage les trésoreries déjà exsangues.

Les conséquences pour les patients et les revendications

Face à cette mobilisation du 8 avril, Christian Menzato se veut rassurant quant à la prise en charge des urgences vitales : « Il y aura des réquisitions, les agences régionales de santé ont été averties, les urgences vitales seront bien entendu assurées ». Il rappelle néanmoins le rôle crucial des ambulanciers privés qui « assurent pratiquement la moitié des transports en urgence hospitalière ».

Les revendications portent sur plusieurs points essentiels :

  • Une renégociation urgente des tarifs, gelés depuis 2018
  • La prise en compte des surcoûts liés au carburant et aux charges supplémentaires
  • L'application effective de la charte de bonnes pratiques en Nouvelle-Aquitaine
  • Une meilleure reconnaissance du rôle essentiel des ambulanciers dans la chaîne de soins

Cette journée blanche marque un tournant dans la mobilisation des professionnels du transport sanitaire, déterminés à faire entendre leur voix face à une situation devenue intenable. La crise sectorielle dénoncée par la CNSA appelle des solutions structurelles pour préserver un service essentiel à la santé publique.

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