Un revirement prudent de la Haute Autorité de santé
La Haute Autorité de santé (HAS) a effectué mardi un revirement significatif, bien que mesuré, concernant l'évaluation d'un traitement destiné à une forme rare de la maladie de Charcot. L'institution a finalement reconnu un intérêt, bien que limité, au médicament Qalsody développé par le laboratoire Biogen, ce qui ouvre potentiellement la voie à un remboursement après un premier refus catégorique à l'automne 2024.
Une reconnaissance conditionnelle et nuancée
L'autorité sanitaire, qui a procédé à une réévaluation complète du traitement, explique que de nouvelles données scientifiques « lui ont permis de reconnaître que le médicament est susceptible de présenter un intérêt ». Cependant, cet intérêt thérapeutique est actuellement jugé « faible » par la HAS, qui insiste sur la nécessité de le confirmer par des études supplémentaires. L'institution prévoit d'ailleurs une nouvelle réévaluation « dans un délai maximal d'un an » pour statuer définitivement sur l'efficacité réelle du traitement.
Un traitement ciblant une minorité de patients
Le Qalsody, qui repose sur la molécule tofersen, a pour objectif principal de ralentir la progression de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus communément appelée maladie de Charcot. Cette pathologie neurologique dégénérative entraîne une paralysie progressive et irréversible des muscles, conduisant généralement au décès du patient en quelques années seulement. Le traitement ne s'adresse cependant qu'aux malades atteints d'une forme génétique spécifique de la maladie, représentant un très faible pourcentage de l'ensemble des patients.
De l'accès précoce refusé à une ouverture prudente
En octobre 2024, la HAS avait refusé l'accès dit « précoce » au Qalsody, une procédure exceptionnelle permettant le remboursement d'un médicament avant que son intérêt thérapeutique ne soit pleinement démontré. L'institution avait alors estimé que les bénéfices potentiels étaient « insuffisants » pour justifier une prise en charge par la solidarité nationale.
Dans sa décision révisée, la HAS adopte une position plus nuancée : tout en reconnaissant un intérêt potentiel au traitement, elle souligne qu'« il n'apporte pas d'amélioration » significative par rapport aux thérapies déjà disponibles. Cette absence de progrès thérapeutique majeur, qui reflète des incertitudes persistantes quant à l'efficacité réelle du médicament, limite mécaniquement les possibilités de prise en charge par la Sécurité sociale.
Le chemin vers un éventuel remboursement reste donc semé d'embûches, avec une autorité sanitaire qui maintient une position de prudence extrême face à un traitement dont les bénéfices restent à démontrer de manière plus convaincante.



