Symptômes, létalité, transmission : les différences entre l’hantavirus et le Covid-19
Alors qu’un premier cas d’hantavirus a été détecté en France ce lundi 11 mai, les comparaisons avec la pandémie de Covid-19 fleurissent. Pourtant, les experts scientifiques se veulent rassurants : bien que son taux de létalité atteigne 40 %, ce virus non respiratoire reste peu contagieux entre humains, et les autorités sanitaires internationales semblent plus réactives qu’il y a six ans.
Depuis la découverte d’un foyer de contamination à l’hantavirus sur un bateau de croisière au large des Canaries, les spéculations vont bon train. Les images de passagers évacués sous des combinaisons blanches et le champ lexical utilisé dans les médias rappellent le Covid-19. Mais cette comparaison est-elle pertinente ? Pas vraiment, estime l’OMS, qui insiste : « Ce n’est pas un nouveau Covid. »
Des symptômes très similaires
Premièrement, « il ne s’agit pas d’un virus respiratoire », a rappelé l’infectiologue Karine Lacombe sur RTL. Le mécanisme pathologique diffère : « Les personnes qui présentent des signes respiratoires ne souffrent pas de pneumonies comme dans la Covid-19, mais d’un œdème aigu pulmonaire », précise-t-elle. Cependant, les symptômes sont très semblables : les patients développent un état grippal dans les premiers jours, avec fièvre, courbatures, maux de tête, douleurs abdominales, parfois diarrhées et vomissements. Contrairement au Covid-19, aucun cas asymptomatique n’a été détecté pour l’hantavirus à ce stade.
Un virus plus mortel mais moins contagieux
La létalité de l’hantavirus est plus élevée que celle du Covid-19, avec un taux de mortalité compris entre 30 % et 40 %. Sur France Info, le professeur Bruno Megarbane souligne que « l’hantavirus est un virus dangereux mais il n’est pas aussi contagieux que le Covid ». En effet, la transmission interhumaine reste très rare avec la souche andine détectée sur le MV Hondius, et nécessite des contacts étroits et prolongés. Le Covid-19 était beaucoup plus contagieux, comme l’indique le chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris.
Un risque de pandémie beaucoup plus faible
Ainsi, malgré sa dangerosité, le risque pandémique de l’hantavirus est beaucoup plus faible. « Il n’y a pas de risque de pandémie pour l’hantavirus puisque la probabilité de transmission interhumaine reste limitée », résume Antonin Bal, directeur adjoint du CNR Virus Respiratoires des Hospices Civils de Lyon, sur RTL. En termes de vitesse de propagation et de mode de transmission, les experts s’accordent à dire que l’hantavirus apparaît aujourd’hui moins menaçant que le Covid-19. Néanmoins, la vigilance reste de mise et les autorités sanitaires internationales prennent très au sérieux l’évolution des cas suspects.



