Un virus quasi inconnu, un bateau de croisière bloqué en mer et des centaines de passagers confinés dans l’attente et l’angoisse. Le vent de panique qui souffle autour du « MV Hondius », ce navire où plusieurs cas d’hantavirus ont été détectés ces derniers jours, rappelle de mauvais souvenirs à Stéphanie Dubois. Il y a un peu plus de six ans, cette directrice de programme dans la banque vivait l’une des semaines les plus chaotiques de sa vie à bord du « Costa Magica ».
À l’époque, la menace du Covid se resserre partout dans le monde. Et les bateaux en plein océan n’y échappent pas. En mars 2020, de premiers cas se déclarent à bord du « Costa Magica », un géant des mers taillé pour les croisières, qui accueille plus de 3 000 passagers. Stéphanie se souvient : « C’était une panique indescriptible. On ne savait pas ce qui se passait réellement, les informations changeaient toutes les heures. »
Le navire, initialement parti pour une croisière en Méditerranée, a été mis en quarantaine. Les passagers ont été confinés dans leurs cabines, sans possibilité de descendre à terre. Les repas étaient livrés, les activités annulées. « On se sentait prisonniers, raconte-t-elle. Certains pleuraient, d'autres étaient en colère. L'incertitude était terrible. »
Après plusieurs jours d'attente, les autorités sanitaires ont finalement permis au bateau d'accoster. Les passagers ont été testés et placés en quarantaine à terre. « Cette expérience m'a marquée à vie », confie Stéphanie. Aujourd'hui, avec le cas du MV Hondius, elle espère que les leçons du passé serviront à mieux gérer la crise.



