L’hantavirus des Andes inquiète les autorités sanitaires
L’opération d’évacuation des passagers et membres d’équipage du « MV Hondius », où a été détecté un foyer d’hantavirus des Andes, doit s’achever ce lundi. Chaque pays va désormais appliquer son propre protocole à ses ressortissants évacués. En France, les cinq ex-croisiéristes ont été placés en quarantaine à l’hôpital Bichat à Paris, pour 72 heures, le temps d’une évaluation complète. Les personnes qui ne seraient pas contaminées pourront rentrer chez elles, mais devront « s’auto-isoler » pendant 42 jours, selon un protocole précis. Est-ce suffisant ? L’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’université Paris Cité, nous livre son analyse.
Un virus aussi grave qu’Ebola
« L’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola », juge Antoine Flahault. Ce virus, transmis par les rongeurs, provoque une maladie respiratoire sévère avec un taux de létalité élevé, comparable à celui d’Ebola. Le scientifique souligne la nécessité de mesures strictes pour éviter une propagation. La coopération internationale, gérée par l’OMS, a-t-elle été assez rapide ? Selon lui, la réactivité a été correcte, mais des améliorations sont possibles pour les futures crises.
Un protocole français jugé adapté
Le protocole français prévoit une quarantaine initiale de 72 heures à l’hôpital Bichat, suivie d’un auto-isolement de 42 jours pour les non-contaminés. Flahault estime que cette période est « raisonnable » compte tenu de la période d’incubation du virus, qui peut aller jusqu’à six semaines. Il recommande toutefois une surveillance étroite des symptômes et un accès rapide aux soins en cas de signes d’infection.
Des leçons à tirer pour l’avenir
Cet incident rappelle l’importance de la préparation face aux maladies émergentes. Flahault insiste sur la nécessité de renforcer les systèmes de surveillance et de coordination internationale. « Chaque épidémie est un test pour notre système de santé mondial », conclut-il.



