Le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé, dimanche 10 mai, un décret à effet immédiat prescrivant les mesures d'urgence nécessaires à la gestion du risque d'infection à hantavirus Andes. Ce décret, publié au Journal officiel, vise à prévenir toute propagation du virus, alors qu'une Française rapatriée du navire MV Hondius a été diagnostiquée positive.
Mesures de quarantaine et d'isolement
Le document précise que les personnes ayant séjourné à bord du navire MV Hondius entre le 1er avril 2026 et le 10 mai 2026 et arrivées sur le territoire national doivent faire l'objet d'une première quarantaine, le temps d'une évaluation médicale et épidémiologique. À la suite de cette évaluation, elles peuvent être maintenues en quarantaine ou placées à l'isolement à domicile pour une durée maximale de 42 jours.
Cette durée a été décidée en raison du temps d'incubation de l'hantavirus, qui peut aller jusqu'à six semaines, avec une moyenne de deux semaines. Le code de la santé publique prévoit habituellement une durée maximale d'un mois pour une mesure d'isolement.
Modalités et contrôles
Le code prévoit les conditions pouvant être mises en place pendant un isolement ou une quarantaine : interdiction totale ou partielle de sortir du domicile, ainsi que l'interdiction de fréquenter certains lieux qui pourraient favoriser la propagation du virus. Les personnes font l'objet d'un suivi téléphonique régulier. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que les modalités de cet isolement pourraient évoluer et seront précisées par Stéphanie Rist, la ministre de la Santé.
Pour faire respecter ce décret, des agents habilités peuvent se rendre à tout moment sur le lieu d'isolement des personnes contaminées pour s'assurer de leur présence. Ce contrôle est assuré par le préfet du département. En cas de non-respect des mesures, les contrevenants s'exposent à six mois d'emprisonnement et 10 000 euros d'amende.
Cas contacts et vols surveillés
Pour les cas contacts, actuellement au nombre de 22 en France, ainsi que pour toute personne infectée ou présentant un risque sérieux d'infection par l'hantavirus de souche Andes, des mesures de quarantaine ou d'isolement peuvent être appliquées si le risque est confirmé. Cette appréciation tient compte des conditions de contact et des équipements de protection individuelle portés.
Les personnes ayant voyagé sur les vols Sainte-Hélène-Johannesburg et Johannesburg-Amsterdam sont invitées à se signaler aux autorités sanitaires et devront observer une quarantaine à domicile avant une évaluation dans les trois jours. En effet, une croisiériste néerlandaise infectée et décédée a été aperçue sur ces vols. En France, 8 cas contacts ont été identifiés sur le premier vol et 14 sur le second.
Situation actuelle
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé qu'une Française a été testée positive à l'hantavirus et que son état s'est dégradé dans la nuit. Quatre autres passagers français sont hospitalisés dans des chambres à flux d'air contrôlé à l'hôpital Bichat à Paris. La ministre a souligné que des mesures très strictes sont prises pour casser les chaînes de transmission dès le début. L'OMS affirme que la situation n'est pas comparable à celle du début de l'épidémie de Covid-19 en 2020.



