La ministre de la Santé pose une condition ferme pour une halte addictions à Marseille
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a exprimé son soutien conditionnel à l'expérimentation d'une halte soins addictions (HSA) à Marseille, un projet débattu depuis plusieurs années dans la cité phocéenne. Lors d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, elle a précisé que son approbation était soumise à une exigence précise : l'obtention d'un consensus entre tous les élus locaux sur le lieu d'implantation.
Des résultats positifs observés dans les expérimentations existantes
Stéphanie Rist a rappelé que la France compte actuellement seulement deux HSA en fonctionnement, situées respectivement à Paris et dans le Grand Est. « À ce stade, ces expérimentations montrent une amélioration sur la santé publique des personnes concernées », a-t-elle déclaré. La ministre a notamment souligné des effets concrets : une nette diminution des overdoses et moins de seringues ramassées sur la voie publique dans les zones concernées. Cependant, elle a reconnu ne pas disposer de données spécifiques concernant l'impact de ces structures sur l'ordre public.
Un préfet plus ouvert que son prédécesseur
Contrairement à l'ancien préfet des Bouches-du-Rhône, le nouveau représentant de l'État Jacques Witkowski n'est pas fermé à l'idée d'un dispositif d'aide aux consommateurs de drogues, souvent en situation de grande précarité. Il s'est récemment déclaré prêt à soutenir une expérimentation « si on lui propose un site qui fasse l'unanimité ». « Il faut un consensus global », a-t-il insisté devant la presse, rejoignant ainsi la position de la ministre.
Des positions divergentes sur le terrain marseillais
Le projet de halte soins addictions à Marseille suscite des réactions contrastées :
- Plusieurs associations et collectifs de riverains du centre-ville militent activement pour sa création
- Certains habitants des quartiers potentiellement concernés s'opposent fermement à ce qu'ils qualifient de « salle de shoot » à proximité de leur domicile
- Le maire de gauche Benoît Payan s'est déclaré favorable à l'installation d'une telle structure, sans pour autant avoir activement soutenu le projet durant son premier mandat
Dans l'attente d'une décision définitive, un bus mobile d'accueil des publics a été relancé pour répondre aux besoins immédiats. Lancées il y a quarante ans en pleine épidémie de sida, les HSA sont aujourd'hui une centaine en Europe, mais seulement deux en France. L'expérimentation parisienne et strasbourgeoise, qui devait initialement s'achever fin décembre, a finalement été prolongée.



