Au 29e jour de grève à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), la situation semble toujours bloquée entre la CGT, la CFDT et la direction de l’établissement. Cette semaine, les réunions de concertation se sont succédé sans avancées notables. La préfecture a pourtant diligenté un médiateur à partir de mercredi afin de rétablir le contact.
Les discussions avaient été suspendues mardi par Valéry Folcher, le directeur de la clinique. La veille au soir, les grévistes avaient obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Montpellier (Hérault) sur la problématique des réquisitions des personnels grévistes pour assurer un service minimum. Mais la reprise des négociations au milieu de la semaine n’a rien changé. Depuis ce jeudi, les médecins de l’établissement ont ainsi suspendu leurs actes, et ne reprendront pas le travail avant le début de la semaine prochaine.
Des primes proposées, mais pas le remplacement des absences
Pour sortir de l’impasse, les protestataires réclament le remplacement des absences qui pèsent sur le bon fonctionnement des services, la limitation des polyvalences des agents et la pérennisation d’une prime de 1 500 euros par an et par agent. Sur la table des discussions, la direction a déposé une prime exceptionnelle de 500 euros, une prime pérenne de 400 euros à partir de 2027, et le maintien d’un système d’intéressement plafonné à 1 500 euros pour 5 ans. « Ces propositions sont très largement insuffisantes », rétorque Anne-Laure Affani, la porte-parole de la CGT. La direction de la clinique n’a pas répondu à nos questions avant la publication de cet article.
La préfecture s'inquiète de la dégradation de l'offre de soins
Bruno Berthet, le secrétaire général de la préfecture, admet pour sa part que « la couverture de santé est actuellement dégradée dans le département ». Il se veut tout de même rassurant : « Différents établissements sont mobilisés pour prendre en charge les patients : le CHU de Perpignan qui était déjà surchargé, les établissements de Céret et de Prades, mais aussi, hors département, l’hôpital de Narbonne. »
Comme le souligne Bruno Berthet, la situation était bien plus préoccupante lors de la grève à la clinique Saint-Pierre de Perpignan (qui fait partie du groupe Elsan, comme celle de Cabestany), terminée le 13 mai dernier après 20 jours de mobilisation, parce qu’elle mettait en jeu des soins comme les chimiothérapies. Il espère tout de même une solution rapide pour que la chaîne de santé retrouve son fonctionnement normal dans les Pyrénées-Orientales.



