Glioblastome : le combat hors norme de Pascal Bliot, 56 ans, depuis dix ans
Glioblastome : Pascal Bliot, 56 ans, défie l'incurable depuis 10 ans

À l'occasion du mois de sensibilisation aux tumeurs cérébrales, en mai, Pascal Bliot, atteint depuis dix ans d'un glioblastome, donne un message d'espoir. Ce cancer agressif et incurable touche chaque année près de 3 500 personnes en France, avec une espérance de vie à cinq ans inférieure à 5 %. Les traitements stagnent depuis vingt ans.

Les premiers signes

Pascal Bliot, ancien conducteur de bus, se souvient du malaise qui a tout déclenché : « Je me suis retrouvé sur la voie de gauche alors que je me voyais à droite, avec une voiture qui arrivait en face. Quand j'ai voulu redresser, mon bras gauche ne fonctionnait plus. » Après un premier incident mis sur le compte de la fatigue, un second épisode l'a conduit à passer une IRM cérébrale qui a révélé un kyste de 7 cm.

L'annonce et la chirurgie

En décembre 2015, son médecin généraliste lui annonce : « Pascal, il faut que je t'apprenne un truc. C'est une tumeur cérébrale incurable. » En 2016, il subit une ablation de 90 % de la tumeur selon la technique du cerveau éveillé à l'hôpital Gui de Chauliac de Montpellier. Le neurochirurgien Hugues Duffau, pionnier de cette technique, devient un ami. « On s'embrasse, on se tutoie », confie Pascal.

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Une récidive et une nouvelle opération

En 2022, une flambée du cancer nécessite une deuxième intervention. « Le professeur Duffau m'a donné 12 jours pour me préparer, sinon, je partais », raconte-t-il. Cette fois, la récupération est rapide : opéré un jeudi, il marche le samedi et sort de l'hôpital le lundi.

Un combat quotidien

Pascal Bliot vit avec un trou de 7 cm de diamètre dans la tête, des handicaps souvent invisibles. Il a du mal à parler quand il est fatigué, compense les faiblesses du côté gauche de son corps, insensible aux coups et aux variations de température. Il suit des IRM cérébraux tous les trois mois. Après la première opération, il a suivi six ans de kinésithérapie et deux ans d'orthophonie pour retrouver l'usage de la marche et de la parole.

Un message d'espoir

« Je vis au jour le jour », dit-il. Le bricolage, des amitiés solides, le Taï-Chi et une vie de couple retrouvée après le décès de sa première épouse en 2018 l'aident à tenir. « Si je ne bouge pas, le glioblastome prendra le dessus », pressent cet homme hyperactif. Son état est actuellement stable.

L'appel de l'association Des étoiles dans la mer

L'association Des étoiles dans la mer, dirigée par Laetitia Levère, déplore que « les patients atteints d'un cancer du cerveau sont les grands oubliés du système de santé, les invisibles des politiques publiques ». Elle lance un appel pour que le cancer du cerveau, en particulier le glioblastome, soit considéré comme une urgence sanitaire. Le protocole de soins (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) est quasiment inchangé depuis 2005.

Le projet de Maison des étoiles

L'association prévoit d'ouvrir à Montpellier « La maison des étoiles », un lieu hybride de répit pour patients, aidants et familles, à l'horizon 2028. En attendant, elle signe des conventions avec des centres du réseau Unicancer et des hôpitaux de référence pour mettre en place des points d'information et renforcer les équipes de bénévoles. Le mois de mai est marqué par la mobilisation avec le défi sportif « Mai en gris ».

Pascal Bliot relaie un appel aux dons pour soutenir ce projet.

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