Désarroi d'une aide-soignante face à la canicule : « Je hais le soleil »
Désarroi d'une aide-soignante face à la canicule : « Je hais le soleil »

Daphné, aide-soignante en pédopsychiatrie à Lyon, vit un calvaire chaque été dans son appartement du 12e étage, exposé plein ouest. Depuis deux ans et demi, elle réclame à son bailleur l'installation de stores pour atténuer la chaleur, sans succès. « La situation devient si critique que j'en viens à haïr le soleil », confie-t-elle.

Un appartement transformé en four

Son logement de 36 m², situé dans une barre d'immeuble de 14 étages du quartier Part-Dieu, reçoit environ cinq heures de soleil direct chaque après-midi, de 17 heures à 21 heures, pendant les mois les plus chauds. « Il se transforme en un véritable four à chaque canicule », explique Daphné, qui voit sa santé mentale se dégrader. « Plus les étés passent et plus je me pose cette question : comment soigner les autres quand on peine à prendre soin de soi ? »

Un sentiment d'abandon

L'aide-soignante dénonce l'inaction de son bailleur face à ses demandes répétées. « Je me sens abandonnée. Les fortes chaleurs deviennent insupportables, et je dois composer avec des moyens de fortune », témoigne-t-elle. Ce sentiment est partagé par de nombreux locataires confrontés à des logements mal isolés et sans protections solaires adéquates.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Selon une étude de l'Observatoire régional de la santé Auvergne-Rhône-Alpes, les épisodes de canicule augmentent les risques de troubles psychologiques, notamment chez les personnes isolées ou en situation de précarité énergétique. Daphné illustre cette réalité : « J'ai l'impression de sombrer à mon tour dans la folie à cause de la chaleur. D'y laisser une partie de ma santé mentale. »

Des solutions insuffisantes

En attendant une réponse de son bailleur, Daphné utilise des astuces comme des draps humides ou des ventilateurs, mais ces solutions restent limitées. « Mon bricolage permet de gagner environ 4 °C par rapport à l'extérieur, mais ce n'est pas suffisant quand il fait 40 °C dehors », explique-t-elle, reprenant une technique évoquée par d'autres témoins de la série « Coup de chaud ».

La situation de Daphné met en lumière les lacunes des logements sociaux face aux vagues de chaleur, un enjeu croissant dans un contexte de réchauffement climatique. Les associations de locataires appellent à des mesures contraignantes pour les bailleurs, comme l'installation obligatoire de protections solaires.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale