Dans les Cévennes, l'alerte est lancée : sans une mobilisation rapide des acteurs publics, des villages entiers risquent d'être privés de soins dans les prochaines années. Les défenseurs de Filieris, l'opérateur du service public de la santé issu du régime minier, tirent la sonnette d'alarme face au manque de médecins et aux menaces sur l'accès aux soins.
Un constat alarmant dans les Cévennes
Réunis autour de l'avenir de Filieris, les représentants du régime minier ont lancé un appel pour préserver une offre médicale devenue essentielle dans des territoires déjà touchés par la désertification médicale. "Il faut des docteurs", résume Alain Tassera, responsable de la section syndicale de La Grand-Combe au sein de la Fédération régionale des mineurs. Dans certains secteurs, obtenir un rendez-vous avec un spécialiste relève désormais du parcours du combattant. "Aujourd'hui, sur le secteur de La Grand-Combe, quand on demande un rendez-vous à un spécialiste, c'est dans six mois."
Filieris, un modèle de santé menacé
Derrière cette inquiétude, c'est l'avenir d'un modèle de santé qui se joue. Filieris, issu du régime minier, seul régime à gérer une offre de santé en direct, maintient aujourd'hui un réseau de centres de santé, d'établissements et de services à domicile ouvert à toute la population. Une présence qui, selon ses défenseurs, permet encore de répondre aux besoins là où l'offre libérale ne suffit plus. Jean-Paul Boyer, administrateur de la Caisse autonome nationale de la Sécurité sociale dans les mines (CANSSM), rappelle que la caisse a déjà traversé une période critique. En 2011, la volonté du président d'alors était de la liquider. "Mais nous avons réussi à faire en sorte que l'article prévoyant la dissolution dans le régime général de ce régime minier soit abrogé."
Consolider l'offre de soins
Aujourd'hui, la crainte n'est plus celle d'une disparition administrative, mais celle d'un affaiblissement progressif face aux besoins croissants des habitants. "La consolidation de l'offre de santé, de cette offre de soins, est incontournable", estime Jean-Paul Boyer, qui évoque aussi un rapprochement en cours. "Nous travaillons depuis 2024 avec le groupe de l'Assurance maladie, l'UGECAM." Dans les Cévennes, plusieurs projets doivent permettre de maintenir ce maillage : rénovation de centres de santé, développement de structures comme La Pomarède ou projets à Saint-Ambroix et La Grand-Combe.
Un service public plébiscité
Pour Guy Bonnet, président de la CARMI Sud, Filieris a démontré son utilité : "Nous avons su prouver que nous étions d'utilité publique pour répondre aux besoins de santé dans des régions qui, pour certaines, ont été abandonnées depuis des années par les libéraux. Nous avons un maillage important et accueillons plus de 87 % de régimes extérieurs au régime minier." Mais le défi reste immense : attirer des médecins sur Alès et dans la vallée de l'Auzonnet. Tous pointent la même difficulté, celle d'un territoire qui doit redevenir suffisamment attractif pour convaincre de nouveaux professionnels de s'installer, malgré un réseau organisé. "La vraie difficulté, c'est de trouver les médecins", reconnaît Jean-Paul Boyer.



