Triplement des passages aux urgences liés à la cocaïne
Ce lundi, Santé publique France publie un état des lieux alarmant de la consommation de cocaïne dans l'Hexagone. Entre 2012 et 2025, le nombre de passages aux urgences liés à la cocaïne a triplé. La même dynamique ressort des sollicitations du dispositif Drogues Info Service.
« Au cours de la même période, le nombre de consommateurs de cocaïne parmi les adultes en population générale ainsi que le nombre de décès directement liés à la consommation de cocaïne ont également triplé », écrit l'agence nationale de santé publique. « Les passages aux urgences en lien avec la consommation de cocaïne sont principalement liés à une intoxication (66 %), un problème de dépendance (14 %) ou de sevrage (7 %) », rapporte l'agence.
Une hausse constante, plus marquée en 2025
Basée sur les passages aux urgences survenus en France (France hexagonale et DROM hors Martinique et Mayotte) entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2025 inclus, l'étude montre une hausse constante entre 2012 et 2022, à l'exception d'une stabilisation en 2019. Cette hausse s'est poursuivie de façon plus marquée en 2023 (+38 % par rapport à 2022), s'est stabilisée en 2024, avant de reprendre en 2025 (+26 %). Sur la période étudiée, le taux d'hospitalisation suit cette même tendance, avec, en 2025, une hausse de 22 % par rapport à 2024.
Majoritairement des hommes, de 20 à 39 ans
Entre 2012 et 2025, 73 % des passages concernaient des hommes (71 % en 2025) et l'âge médian était de 32 ans (33 ans en 2025). « Ce qui correspond aux profils habituellement observés parmi les personnes les plus consommatrices au sein de la population générale », note Santé publique France. Sur la période étudiée, 37,6 % des passages concernaient également la consommation d'une autre substance, comme en premier lieu l'alcool (29 %) qui augmente la durée et la puissance des effets psychoactifs recherchés par les consommateurs, ainsi que la toxicité cardiaque.
Quelles régions sont les plus concernées ?
En 2025, la région enregistrant le plus fort taux de passages est la Bretagne (61,4/100 000), suivie de la région PACA (55,9/100 000) et de la Guyane (52,0/100 000). « Entre 2024 et 2025, on observe une reprise marquée à la hausse du taux de passages dans la majorité des régions, et en particulier en Bretagne (+74 %), une stabilité dans les régions Pays-de-la-Loire, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et en Bourgogne-Franche-Comté, ainsi qu'une baisse en Guyane et Guadeloupe », rapporte Santé publique France.
L'agence estime les données des urgences pertinentes pour étudier l'impact de la consommation de cocaïne de manière complémentaire aux données sur les hospitalisations. Mais elle tient à nuancer son rapport en précisant que « les personnes directement admises en unité de soins intensifs ou les décès par surdose survenant en dehors du système de soins de santé, ne font pas l'objet d'un passage aux urgences. »



