La CGT s'oppose fermement à l'extension des horaires des crèches municipales à Nice, estimant que cela aggraverait les conditions de travail « déjà fortement dégradées ». Le syndicat rappelle qu'une alternative existe déjà via un service de garde à domicile.
Un débat qui divise
Faut-il ou non étendre les horaires des crèches municipales ? Le sujet ne fait pas consensus. Lors du conseil municipal du 5 juin 2026, la cheffe du groupe de gauche et écologistes, Juliette Chesnel-Le Roux, a demandé à la majorité « le développement des structures d'accueil collectives aux horaires atypiques, au-delà de 7h30-18h30, pour répondre aux réalités des salariés du commerce, de la santé, de l'hôtellerie-restauration ou encore des services publics, dont les horaires ne correspondent pas toujours à ceux des structures classiques ».
Faciliter le quotidien des familles
Attention toutefois, elle précise qu'elle « ne l'envisage pas pour tous les établissements mais seulement pour certains afin de faciliter le quotidien des familles qui en ont besoin ».
Le maire, Éric Ciotti, a répondu qu'« un travail est engagé ». S'il n'est pas entré dans les détails, il avait formulé une promesse de campagne, le 4 février 2026, pour « mieux soutenir les familles et les professionnels [en créant] 1 000 places de crèches supplémentaires ». Il avait précisé qu'il voulait que « les horaires des crèches municipales [soient] étendus en concertation avec le personnel ».
La CGT dénonce une « mise en scène déconnectée des réalités »
La CGT Nice Métropole Côte d'Azur a mis les plats dans le plat, par voie de communiqué de presse diffusé ce mercredi 10 juin : « Si nous comprenons les difficultés des familles confrontées à des horaires de travail atypiques et à la recherche de solutions de garde adaptées, notre syndicat s'oppose fermement à l'extension des amplitudes horaires dans les établissements municipaux. Cette décision apparaît déconnectée de la réalité du terrain. Elle risque d'aggraver des conditions de travail déjà fortement dégradées dans un secteur confronté à une crise de recrutement majeure, des absences difficiles à remplacer et une charge de travail croissante. »
Le syndicat rappelle également que les métiers de la petite enfance sont exercés à plus de 99 % par des femmes. « En allongeant les horaires d'ouverture des structures, la collectivité transfère des contraintes supplémentaires sur ces professionnelles qui sont, elles aussi, des mères, des parents et des aidantes », ajoute le communiqué.
Une alternative déjà existante
La CGT souligne par ailleurs qu'« une alternative existe, depuis plusieurs années déjà. Un service d'assistance de garde à domicile est mis à disposition des familles confrontées à des contraintes personnelles ou professionnelles, que ce soit tôt le matin ou tard le soir. Dès lors, prétendre résoudre un problème qui trouve déjà sa solution relève d'une posture politique et d'une mise en scène déconnectées des réalités. »



