Béziers : futur centre psychiatrique de 40 lits en prison, les syndicats prudents
Béziers : centre psy de 40 lits en prison, syndicats prudents

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, se rendra à Béziers lundi 1er juin pour visiter la prison du Gasquinoy. Ce déplacement vise à valider un projet de centre de soins psychiatriques de 40 lits pour détenus, une première locale qui doit générer 200 emplois et compléter le pôle pénitentiaire.

Un quatrième ministre de la Justice à Béziers

Lundi 1er juin, Gérald Darmanin sera à Béziers. C'est le quatrième ministre de la Justice à se déplacer dans la ville après Jean-Jacques Urvoas, Nicole Belloubet et Éric Dupond-Moretti. Le ministre vient pour visiter la prison du Gasquinoy et, sans doute, évoquer les dossiers du centre de rétention administrative (CRA) ainsi que l'affaire du jeune Algérien que Robert Ménard a refusé de marier en raison d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une discussion qui devrait se tenir en privé.

Un centre de soins pour les détenus en difficulté psychiatrique

La création d'un centre de soins pour les prisonniers devrait être évoquée entre le ministre et le maire de Béziers. Ce dossier est très avancé et pourrait faire de l'ensemble du terrain militaire du Gasquinoy un véritable îlot pénitentiaire. Selon des informations recueillies par Midi Libre, cette unité de soins spécialement aménagée (UHSA) pourrait être accolée au centre pénitentiaire du Gasquinoy, au centre de semi-liberté, mais aussi au CRA. Actuellement, la structure la plus proche pour soigner les détenus est celle de Toulouse, située à l'hôpital Gérard-Marchant. Il est prévu de construire une UHSA pour les détenus en difficulté psychiatrique, ce qui n'existe pas à Béziers. Le futur centre de soins, dont une grande partie a été validée par le ministère de la Santé, devrait accueillir quarante détenus et créer deux cents emplois. Le ministère de la Justice doit encore signer le contrat de faisabilité pour que le centre voie le jour.

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Réactions des syndicats : entre espoir et prudence

Les syndicats FO Pénitentiaire et Ufap Unsa Justice accueillent la nouvelle avec un certain enthousiasme, mais ils restent très mesurés. David Parmentier, représentant de l'Ufap Unsa, déclare : « Nous avons 7 000 détenus sur l'ensemble de l'Occitanie. Quarante places sont disponibles à Toulouse et quarante autres viendront compléter le dispositif à Béziers. C'est mieux que rien. Mais est-ce vraiment suffisant ? Soyons positifs, une UHSA, c'est une bonne nouvelle. C'est un premier pas et ça va dans le bon sens. Je ne manquerai pas d'en faire part au ministre. » Jordan Kauffmann, pour FO, voit aussi d'un bon œil cette visite : « Gérald Darmanin vient à Béziers juste après l'intronisation du nouveau directeur général de l'administration pénitentiaire (DGAP) Pascal Courtade, qui est installé dans ses fonctions le matin même. C'est important de voir que Béziers aura sa première visite. C'est positif qu'il vienne annoncer la création de l'UHSA, mais nous attendons des annonces. Pour l'heure, nous ne savons pas, nous souhaitons des transferts pour limiter la surpopulation, peut-être l'annonce d'embauches pour pallier les manques. Nous sommes curieux et nous verrons. »

Un appel d'offres remporté par l'hôpital de Béziers

Il y a plusieurs années, les ministères de la Santé et de la Justice ont lancé un appel d'offres, avec un cahier des charges strict, pour la création d'une UHSA. L'hôpital de Béziers a présenté un dossier qui a été validé. Il s'agissait, dans un premier temps, de trouver un terrain proche d'une autoroute, de la prison et de l'hôpital. Le maire de Béziers a proposé un terrain de 13 000 m² répondant à ces critères. « La vente a été signée la semaine dernière, explique-t-on à la direction de l'hôpital de Béziers. Si nous sommes dans les délais, l'unité devrait ouvrir en juin 2029. Il y aura quarante lits qui seront gérés en collaboration entre les médecins spécialisés de l'hôpital de Béziers et ceux du CHU de Montpellier. » Selon les informations de Midi Libre, le coût de la construction de cette unité doit approcher les 32,2 millions d'euros.

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Le futur centre de rétention administrative

Le futur centre de rétention administrative de Béziers est un projet de l'État accepté et soutenu par le maire Robert Ménard. La mairie a facilité l'installation de cette structure et le dossier a été définitivement validé par la préfecture de l'Hérault en janvier dernier. Le début des travaux préparatoires est envisagé pour octobre et novembre prochains. Le chantier de construction sera lancé en mars 2027 pour une ouverture envisagée en juin 2028. Cent quarante personnes sous OQTF devraient être accueillies à Béziers. Pour les cinq ans à venir, une convention a été signée entre les différents partenaires, le coût, comprenant construction, exploitation, maintenance et hôtellerie, avoisine les 52,5 millions d'euros TTC pour l'État. Pour le fonctionnement, deux cents emplois de fonctionnaires sont attendus ainsi que cinquante salariés liés aux métiers annexes permettant d'entretenir la structure et d'accueillir les personnes en situation irrégulière. « Détenir des personnes dans un centre de rétention administrative permet d'augmenter le taux de reconduite à la frontière de 40 % », assure-t-on en préfecture.