Au CHU de Nice, un nouvel outil de navigation bronchique assisté par un logiciel de bronchoscopie virtuelle tridimensionnelle permet désormais de réaliser des biopsies de lésions pulmonaires difficilement accessibles. Associé à une mini-sonde d'échographie, ce dispositif vise à améliorer la précision du diagnostic tout en limitant les interventions chirurgicales superflues.
Un double enjeu : précision du diagnostic et évitement du surtraitement
Avec le déploiement progressif du dépistage du cancer du poumon chez les personnes à risque, les techniques d'imagerie modernes révèlent un nombre croissant de nodules pulmonaires. Selon le Dr Jacques Boutros, pneumologue et responsable de l'unité des endoscopies respiratoires au CHU de Nice, « le terme « nodule » ne désigne pas une maladie mais simplement une image observée au scanner. Un nodule peut révéler un cancer débutant, mais il peut aussi être bénin et correspondre à une cicatrice, une ancienne infection, une tuberculose ou encore une maladie inflammatoire comme la sarcoïdose. »
La bronchoscopie virtuelle : un GPS pour l'arbre bronchique
Pour les nodules périphériques difficiles d'accès, le CHU de Nice s'est équipé d'un logiciel de bronchoscopie virtuelle 3D. À partir des images du scanner, celui-ci reconstitue l'arbre bronchique et calcule le meilleur itinéraire pour atteindre la lésion ciblée. « Même pour un endoscopiste expérimenté, il est parfois difficile de savoir précisément quel chemin emprunter ; les bronches forment un réseau extrêmement complexe avec de multiples bifurcations », explique le Dr Boutros. Avant l'examen, le logiciel établit une feuille de route détaillée, guidant le médecin à travers des bronches de plus en plus fines à l'aide de fibroscopes miniaturisés.
Confirmation par mini-sonde d'échographie
Une fois le médecin arrivé à l'endroit prévu, une mini-sonde d'échographie est introduite. « Contrairement à une échographie classique qui produit directement une image en deux dimensions, cette sonde miniature génère une image circulaire autour d'elle grâce à une rotation très rapide. Elle permet ainsi de vérifier que le médecin se trouve bien au contact du nodule recherché », précise le spécialiste. Ce n'est qu'après cette confirmation que les prélèvements sont réalisés pour analyse en laboratoire.
Éviter des chirurgies inutiles et orienter le traitement
Cette approche permet d'éviter certaines interventions chirurgicales non nécessaires. « Grâce à la biopsie, on peut parfois démontrer qu'il ne s'agit pas d'un cancer, mais d'une infection ancienne, d'une maladie inflammatoire ou d'autres lésions bénignes. Et éviter au patient une opération dont il n'avait finalement pas besoin », résume le Dr Boutros. Lorsqu'un cancer est confirmé, le bénéfice est tout aussi important : « Tous les cancers pulmonaires ne relèvent pas nécessairement de la chirurgie. Certains types de tumeurs, comme les cancers à petites cellules, sont principalement traités par chimiothérapie et radiothérapie. Disposer d'un diagnostic précis en amont permet donc d'orienter immédiatement le patient vers la stratégie thérapeutique la plus adaptée. »
Un examen peu invasif et sécurisé
L'utilisation de ces nouveaux outils ne modifie pas fondamentalement le déroulement de la fibroscopie bronchique. Réalisé le plus souvent en ambulatoire, l'examen reste peu invasif. « Les complications graves sont rares. Les principaux effets secondaires sont de petits saignements passagers ou, plus exceptionnellement, un décollement partiel du poumon », indique le pneumologue.



