Les autorités argentines de la Terre de Feu ont qualifié vendredi de « pratiquement nulle » la possibilité que le cas zéro néerlandais, passager du MV Hondius touché par un foyer d’hantavirus, ait été infecté lors de son séjour de 48 heures à Ushuaïa avant d’embarquer le 1er avril.
Des délais d'incubation incompatibles
« La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle », a affirmé Juan Petrina, directeur du service d’épidémiologie de la province de la Terre de Feu, lors d’une conférence de presse. « Je ne peux l’affirmer de manière absolue, car il s’agit de biologie, mais c’est ce qui ressort des données qu’on a recueillies » sur le couple néerlandais, son séjour avant d’embarquer, et l’apparition des premiers symptômes en mer dès le 6 avril, a-t-il poursuivi. En tenant compte de l’incubation, « les délais ne correspondent pas à une contamination possible à Ushuaïa et à l’apparition des symptômes si peu de temps après, en haute mer », a encore estimé l’épidémiologiste.
Une « rumeur » écartée
M. Petrina a par ailleurs qualifié de « rumeur » l’hypothèse, qui a circulé dans des médias, de la visite du couple néerlandais « à la décharge ou au dépôt d’ordures » d’Ushuaïa, où aurait pu se produire la contamination via des rongeurs vecteurs. « Pour nous, cela reste une rumeur. Nous n’avons aucune source officielle qui puisse le confirmer », a-t-il assuré.
Le couple de Néerlandais décédé avait effectué un périple sud-américain de quatre mois, notamment pour observer des oiseaux, passant à plusieurs reprises entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine à partir du 27 mars, avant d’embarquer à bord du MV Hondius le 1er avril.
Aucun cas d'hantavirus en Terre de Feu depuis 1996
Jeudi, le ministère argentin de la Santé avait communiqué qu’il n’était à ce stade « pas possible de confirmer l’origine de la contagion » à l’hantavirus, à l’issue d’une réunion avec les référents sanitaires des 24 provinces du pays. La province de la Terre de Feu rappelle depuis l’émergence du foyer du MV Hondius qu’elle n’a recensé « aucun cas d’hantavirus » depuis la mise en place de la notification obligatoire en 1996, et que le rat à longue queue, identifié comme principal vecteur du virus, n’est à ce jour pas présent en Terre de Feu.
Des experts de l’Institut Malbran de Buenos Aires, référence en infectiologie, doivent prochainement se rendre à Ushuaïa pour capturer et analyser des rongeurs, afin de détecter la présence d’un éventuel porteur. Cela se fera « dès que possible », a souligné M. Petrina vendredi, sans avancer de date.



