Lors d'une conférence organisée le 11 juin 2026 à la médiathèque Nelly-Kaplan de La Roquette-sur-Siagne, Aurélie Leborgne, enseignante spécialisée depuis sept ans, a lancé un avertissement concernant l'exposition des jeunes enfants aux écrans. Devant un public de parents et de professionnels de la petite enfance, elle a qualifié cette exposition de « véritable risque sanitaire ».
Un problème qui touche tous les milieux
Selon Aurélie Leborgne, la question des écrans dépasse le simple cadre éducatif. « Aujourd'hui, cela touche tous les milieux sociaux », a-t-elle déclaré. En s'appuyant sur des données scientifiques récentes, elle a détaillé les effets néfastes des écrans sur le cerveau en développement : retards de langage, difficultés de concentration, déficit de la motricité fine, et perturbation des interactions sociales.
Recommandations et alternatives
L'enseignante recommande une absence totale d'écrans avant l'âge de trois ans et une limitation stricte jusqu'à cinq ans. Pour remplacer les écrans, elle encourage les parents à privilégier des lectures vivantes, avec des intonations et des échanges, afin de stimuler l'imaginaire et le langage des enfants. Elle suggère également de favoriser les jeux sensoriels, les activités de manipulation et les exercices de discrimination visuelle, plutôt que de pousser les enfants à écrire ou dessiner trop tôt.
La médiathèque comme lieu de lutte
Le choix de la médiathèque Nelly-Kaplan n'est pas un hasard : pour Aurélie Leborgne, la lecture est l'une des meilleures alternatives aux écrans. Elle compare certains comportements des tout-petits à une addiction, nécessitant parfois un sevrage. « Les premiers jours peuvent être difficiles, avec des crises de colère, mais il faut tenir bon. Un arrêt total pendant six jours permet déjà de constater une évolution positive », a-t-elle expliqué.
Une démarche bienveillante
L'objectif de cette rencontre n'était pas de culpabiliser les familles. Catherine Verhoeven, adjointe à l'éducation, a rappelé que la municipalité souhaite inscrire cette action dans un accompagnement bienveillant. « Le but n'est pas de juger ou de pointer du doigt les parents, mais de leur donner des outils et des solutions concrètes vers une scolarité plus sereine et épanouie pour leurs enfants », a-t-elle déclaré.
Aurélie Leborgne a conclu avec une formule forte : « J'ai le sentiment qu'on sacrifie une génération », exprimant son inquiétude face aux conséquences encore sous-estimées de l'exposition précoce aux écrans.



