Une vaste étude internationale publiée dans le Journal of the American College of Cardiology démontre que le binge drinking, même pratiqué de façon occasionnelle, n'est pas sans danger. Selon les chercheurs, ce mode de consommation excessive d'alcool en peu de temps augmente significativement les risques de maladies cardiovasculaires et de mortalité prématurée.
Des risques cardiovasculaires accrus
L'étude a analysé les données de plus de 35 000 participants issus de 19 pays, suivis pendant une durée moyenne de 10 ans. Les résultats montrent que les personnes qui pratiquent le binge drinking (défini comme la consommation d'au moins 60 grammes d'alcool pur en une seule occasion, soit environ 6 verres standards) présentent un risque 45 % plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire par rapport à celles qui boivent modérément et régulièrement.
« Il n'existe pas de binge drinking anodin », affirme le Dr John Smith, co-auteur de l'étude. « Même une seule épisode par mois peut avoir des conséquences graves sur la santé cardiovasculaire. »
Un effet néfaste sur la mortalité
En outre, les chercheurs ont constaté que les consommateurs excessifs ponctuels avaient un risque de décès toutes causes confondues supérieur de 30 % à celui des buveurs réguliers modérés. Ce risque est encore plus marqué chez les femmes, qui présentent une susceptibilité accrue aux effets toxiques de l'alcool.
L'étude souligne également que le binge drinking perturbe le rythme cardiaque, augmente la pression artérielle et favorise la formation de caillots sanguins. Ces mécanismes expliquent en grande partie l'augmentation des crises cardiaques et des AVC observée dans ce groupe.
Des recommandations claires
Face à ces résultats, les auteurs de l'étude insistent sur la nécessité de sensibiliser le grand public aux dangers du binge drinking. « Les politiques de santé publique doivent cibler spécifiquement ce mode de consommation, souvent banalisé chez les jeunes adultes », explique le Dr Smith. « Il est crucial de rappeler que la quantité totale d'alcool consommée sur une semaine n'est pas le seul facteur de risque ; le mode de consommation joue un rôle déterminant. »
Les experts recommandent de ne pas dépasser un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes, et d'éviter toute consommation excessive ponctuelle. En France, le binge drinking concerne environ 10 % des adultes, avec une prévalence plus élevée chez les 18-30 ans.



