Selon une nouvelle étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 840 000 personnes décèdent chaque année dans le monde de pathologies directement liées aux risques psychosociaux au travail. Ce chiffre alarmant inclut des maladies cardiovasculaires, des troubles mentaux et d'autres affections provoquées par le stress, le harcèlement et la charge mentale digitale.
Une charge mentale digitale croissante
L'étude met en lumière l'impact de la transformation numérique sur la santé mentale des travailleurs. La frontière entre vie professionnelle et personnelle s'estompe, avec des sollicitations constantes via les emails, les messageries instantanées et les outils de travail à distance. Cette hyperconnexion génère une pression permanente, augmentant les risques de burn-out et de dépression.
Le harcèlement au travail, un facteur clé
Les auteurs soulignent que le harcèlement moral et sexuel reste un problème majeur dans de nombreux secteurs. Les victimes subissent des conséquences graves sur leur santé, allant de l'anxiété chronique à des idées suicidaires. Les environnements de travail toxiques, où la compétitivité excessive et le manque de soutien prédominent, exacerbent ces risques.
Des inégalités géographiques et sectorielles
L'étude révèle des disparités importantes entre les régions. Les pays à revenu faible ou intermédiaire enregistrent une proportion plus élevée de décès liés aux risques psychosociaux, souvent en raison de conditions de travail précaires et d'une protection sociale insuffisante. Les secteurs les plus touchés sont la santé, l'éducation, les services financiers et les technologies de l'information.
Appel à une action urgente
L'OMS appelle les gouvernements et les entreprises à prendre des mesures concrètes pour prévenir ces risques. Parmi les recommandations :
- Mettre en place des politiques de prévention du stress et du harcèlement
- Promouvoir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle
- Former les managers à la gestion des risques psychosociaux
- Améliorer l'accès aux soins de santé mentale
Les experts insistent sur la nécessité d'une approche globale, combinant réglementation, sensibilisation et soutien psychologique. Sans action rapide, le nombre de décès pourrait encore augmenter dans les années à venir.
Cette étude, publiée dans la revue The Lancet, se base sur des données collectées dans 194 pays entre 2010 et 2025. Elle constitue un signal d'alarme pour les décideurs du monde entier.



