Charles III, protecteur des Juifs britanniques : un engagement royal face à l'antisémitisme
Charles III, protecteur des Juifs britanniques face à l'antisémitisme

Charles III, un monarque engagé en faveur de la communauté juive britannique

Les propos récents du grand rabbin du royaume, Ephraïm Mirvis, ont mis en lumière l'intérêt profond du roi Charles III pour la religion juive et ses traditions. «Lors des nombreuses conversations que j'ai eues avec sa Majesté, j'ai ressenti un grand intérêt pour la religion juive et ses traditions», a déclaré le grand rabbin, soulignant l'attirance particulière du monarque pour l'Ancien Testament.

Un protecteur face à la montée de l'antisémitisme

Dans le contexte actuel marqué par une vague d'antisémitisme et la montée de l'islamisme, Charles III est aujourd'hui considéré comme le protecteur des Juifs britanniques. Les signes de cet engagement sont multiples et tangibles :

  • Le roi a accepté la présidence d'honneur de nombreuses associations communautaires, dont le Community Security Trust, organisation créée pour protéger les lieux de culte après les campagnes anti-sionistes liées au conflit de Gaza.
  • Il a qualifié sans ambages les attaques du Hamas du 7 octobre de «barbares», prenant une position claire contre la violence.
  • Charles III s'est rendu personnellement aux commémorations de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz l'année dernière.
  • Le monarque a fait fabriquer une kippa spéciale en velours bleu portant ses armoiries, symbole fort de son engagement.

Lors des élections législatives de décembre 2019, dominées par les accusations d'antisémitisme contre le leader travailliste Jeremy Corbyn, le prince de Galles était sorti de sa réserve traditionnelle pour exprimer publiquement ses regrets concernant l'occultation historique de la communauté juive au Royaume-Uni.

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Un intérêt œcuménique profond

Comment expliquer cet engagement chez le gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre ? Bien qu'il ait prêté serment lors de son couronnement le 6 mai 2023 de maintenir la religion protestante réformée, Charles III est un homme profondément croyant nourri d'une vision œcuménique.

Cet éco-spirituel cherche à mêler protection de la nature et dialogue interreligieux. Toutes les religions le passionnent :

  1. Le judaïsme, comme en témoignent ses nombreuses actions
  2. Le rite orthodoxe
  3. L'islam, dont il est le parrain du Centre d'études islamiques d'Oxford

Dans les années 1990, le prince Charles avait exprimé sa volonté d'être le souverain de «toutes les fois» plutôt que de la seule Foi anglicane, un projet qu'il a dû abandonner sous la pression combinée des évêques anglicans, des francs-maçons, des protestants nord-irlandais et écossais, et surtout de la reine Elizabeth II, partisane du statu quo.

Des racines familiales dans la protection des Juifs

L'histoire familiale paternelle de Charles III est étroitement liée à la lutte contre les persécutions des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale :

Sa grand-mère, la princesse Alice de Grèce, avait caché plusieurs familles juives lors des rafles nazies à Salonique. Inhumée sur le mont des Oliviers, elle a reçu la distinction de «Juste parmi les Nations» pour avoir sauvé ces vies au mépris du danger.

Le prince Philip, père de Charles III, avait participé en 1933 au mouvement de solidarité en faveur de Kurt Hahn, fondateur juif de l'école Salem en Allemagne que le prince avait fréquentée. Après la fermeture de l'établissement par les nazis et l'emprisonnement de Hahn, une pétition de l'aristocratie européenne permit sa libération et son exil en Angleterre, où il fonda l'internat écossais de Gordonstown que Charles fréquenta plus tard.

Un contraste frappant avec Elizabeth II

L'engagement de Charles III contraste fortement avec les relations distantes qu'entretenait sa mère, Elizabeth II, avec la communauté juive britannique, pourtant la deuxième plus importante d'Europe avec 300 000 membres.

En 70 ans de règne, la reine n'a jamais visité l'État d'Israël, alors qu'elle s'est rendue à de nombreuses reprises dans les pays arabes. Cette distance s'explique en partie par l'histoire familiale : son père George VI et sa mère avaient soutenu la politique d'apaisement avec Hitler poursuivie par le Premier ministre Neville Chamberlain en 1938.

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En 2015, The Sun avait publié une photo d'archives montrant la jeune princesse Elizabeth faisant un apparent salut nazi, encouragée par le futur Edward VIII. Bien que trop jeune pour en comprendre la signification, cette image symbolise les distances historiques.

Elizabeth II avait reproduit le schéma de règne de son père en s'appuyant sur les mêmes piliers que la reine Victoria : la haute noblesse, l'armée et le clergé, trois institutions traditionnellement éloignées de la communauté juive. Sur les relations entre la couronne et le peuple de la Torah, mère et fils représentent donc deux approches radicalement différentes.

Des valeurs philanthropiques partagées

Enfin, la tradition caritative de la communauté juive et sa culture du volontariat correspondent parfaitement à l'action philanthropique de la famille royale. Les Juifs britanniques contribuent généreusement aux musées, théâtres, productions cinématographiques, hôpitaux et orphelinats lors d'innombrables galas de charité. Dans le monde anglo-saxon, l'univers des organisations à but non lucratif fonctionne à plein régime, créant un terrain d'entente naturel avec les engagements royaux.