Le « rush du matin » : une double peine pour les enfants selon l'historien Pierre Vesperini
Rush du matin : la double peine des enfants

Le « rush du matin » : une double peine pour les enfants selon l'historien Pierre Vesperini

Dans une tribune publiée le 14 avril 2026, l'historien Pierre Vesperini, auteur de « Pour les enfants » aux Belles Lettres, s'alarme de l'impossibilité de concevoir un monde sans le « rush du matin ». Il déplore que ce moment, avec le marathon du soir, expose les enfants à des violences éducatives ordinaires, telles que des paroles humiliantes, des cris, des gestes brutaux ou des menaces. Ces actes, souvent banalisés, n'ont rien d'éducatif et peuvent nuire au développement de l'enfant et à sa santé future, comme le révèle le baromètre des VEO de la Fondation pour l'Enfance.

Un projet collectif devenu solitaire

Pierre Vesperini souligne un fait extraordinaire : il n'est pas naturel qu'un couple ou un parent seul élève un enfant. Historiquement, l'éducation était un projet collectif, impliquant une quinzaine de personnes. Aujourd'hui, l'isolement parental dans les sociétés industrielles crée une « désadaptation évolutive », source de stress et de troubles mentaux, selon des recherches anthropologiques. Cette charge mentale excessive explique pourquoi les parents, angoissés par les retards, perdent leurs moyens lors du rush matinal.

La désinvolture sociale envers les enfants

Notre société montre une désinvolture criante envers les enfants, comme en témoignent des faits récents : le déplacement d'animateurs soupçonnés de violences, l'annulation de l'interdiction du plastique dans les cantines, ou des décisions judiciaires controversées. De plus, les rythmes sociaux imposés aux enfants, en décalage avec leurs besoins de sommeil, les privent de repos essentiel. Privés de sommeil, ils ont du mal à réguler leurs émotions, aggravant le stress parental dans un cercle vicieux.

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Une double peine pour les plus jeunes

Les enfants subissent une double peine : brutalisés par un système social inadapté, ils le sont aussi par des parents stressés, incapables de maintenir une relation coopérative. Cette situation est exacerbée par une vision infantilisante qui traite les enfants comme des êtres exotiques et insupportables, plutôt que comme des personnes sérieuses, comme le rappelle le juge Edouard Durand.

Des solutions concrètes pour changer

Face à cela, Pierre Vesperini propose des actions :

  • Prendre conscience et en parler avec les enfants, en reconnaissant l'anormalité de la situation.
  • Adapter son organisation, par exemple en mettant le réveil 15 minutes plus tôt pour consacrer du temps à la relation, une idée réaliste si l'on traite les enfants avec dignité.
  • S'engager collectivement pour une société plus souple, en militant pour des horaires flexibles à l'école et au travail, inspirés des modèles scandinaves ou néerlandais, souvent en tête du Rapport mondial sur le bonheur.

L'association Stop VEO offre également des outils pour soutenir les parents. En conclusion, Vesperini appelle à quitter le conformisme de l'ironie et à agir sérieusement, car les enfants nous incitent à changer nos vies, comme le disait Rilke face au torse d'Apollon.

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