Sept ans après la loi anti-fessée, un quart des parents jugent encore la punition corporelle acceptable
Loi anti-fessée : un quart des parents jugent encore la punition acceptable

Sept ans après la loi anti-fessée, la normalisation des violences éducatives persiste

Sept années se sont écoulées depuis l'adoption historique de la loi interdisant les violences éducatives ordinaires, communément appelée « loi anti-fessée ». Pourtant, une proportion alarmante de parents continue de légitimer le recours aux punitions corporelles dans l'éducation des enfants. Selon le troisième baromètre Ifop publié vendredi par la Fondation pour l'enfance, réalisé tous les deux ans, les mentalités évoluent à un rythme décevant.

Des chiffres qui interrogent la banalisation des violences

« Les violences éducatives ordinaires (VEO) restent profondément banalisées, voire normalisées », déplore la Fondation pour l'enfance. L'enquête révèle des statistiques préoccupantes : 32% des parents estiment encore que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter. Parallèlement, 25% jugent que la fessée constitue une méthode efficace pour éduquer un enfant, et 23% considèrent que les parents qui utilisent ces pratiques ont raison de le faire.

Ces données soulignent un décalage persistant entre le cadre légal, établi par la loi du 10 juillet 2019, et les représentations sociales. Cette législation avait inscrit dans le Code civil que « l'autorité parentale » s'exerce « sans violences physiques ou psychologiques », faisant de la France le 56e pays à bannir officiellement ce type de violences. Un arrêt de la Cour de cassation en janvier dernier a réaffirmé qu'aucun droit de correction parental n'existait dans la loi française.

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La prévalence inquiétante des violences verbales et psychologiques

Malgré ce cadre juridique renforcé, « la légitimation de ces pratiques comme outils pédagogiques persiste », regrette la Fondation pour l'enfance. L'enquête, menée en partenariat avec l'équipe de recherche Prévéo, met en lumière l'ampleur des violences ordinaires au quotidien. Au cours des douze derniers mois :

  • 68% des parents déclarent avoir déjà hurlé ou crié après leur enfant
  • 30% admettent avoir donné une tape sur la main, le bras ou la jambe
  • 19% reconnaissent avoir utilisé des mots dévalorisants comme « stupide » ou « paresseux »

Au total, 83% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique sur l'année écoulée, et 37% au moins une violence physique. Quarante pour cent des parents pensent par ailleurs que l'enfant apprend ce qui est bien ou mal grâce aux punitions corporelles, une croyance qui entretient le cycle des violences éducatives.

Une enquête représentative qui appelle à la sensibilisation

Le sondage Ifop a été réalisé en ligne du 30 janvier au 9 février auprès de 1 005 personnes, constituant un échantillon représentatif des parents d'enfants âgés de 0 à 17 ans. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de poursuivre et d'intensifier les campagnes de sensibilisation sur les alternatives éducatives non violentes. Alors que la loi a franchi une étape cruciale il y a sept ans, son application dans les foyers français reste un défi de taille, nécessitant une évolution culturelle profonde pour protéger l'intégrité physique et psychologique des enfants.

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