Affaire Lyhanna : Emmanuel Macron et la classe politique dénoncent des dysfonctionnements
Le président de la République, Emmanuel Macron, a exprimé ce jeudi sa profonde indignation face aux dysfonctionnements révélés dans l'affaire Lyhanna, une fillette de 8 ans décédée après des années de maltraitance. Dans une déclaration depuis l'Élysée, il a dénoncé un "échec collectif" des services de protection de l'enfance et de la justice, promettant des mesures correctives immédiates.
L'affaire, qui a bouleversé l'opinion publique, met en lumière les lacunes du système de signalement et de suivi des enfants en danger. Lyhanna, suivie par les services sociaux depuis sa naissance, est décédée en mars dernier des suites de violences répétées. Ses parents, mis en examen, sont en détention provisoire.
Emmanuel Macron a annoncé la création d'une commission d'enquête indépendante chargée d'analyser les failles dans le parcours de l'enfant. Il a également demandé un audit national des services de protection de l'enfance, avec un rapport attendu dans les trois mois.
Réactions politiques unanimes
La classe politique, tous bords confondus, s'est jointe à la condamnation. La Première ministre, Élisabeth Borne, a parlé de "faillite systémique" et a promis des sanctions contre les fonctionnaires ayant failli à leur mission. De son côté, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative pour déterminer les responsabilités.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "l'indifférence criminelle de l'État", tandis que Marine Le Pen a évoqué un "scandale d'État". Les associations de défense des droits de l'enfant, comme la Fondation pour l'Enfance, ont salué la prise de conscience mais réclament des actes concrets.
Des réformes attendues
Parmi les pistes évoquées : le renforcement des effectifs des services sociaux, la formation des magistrats et des travailleurs sociaux, ainsi qu'une meilleure coordination entre les différents acteurs (école, hôpital, justice). Le gouvernement prévoit également de créer un fichier national des enfants en danger, afin d'éviter les pertes d'information.
L'affaire Lyhanna rappelle tragiquement d'autres cas similaires, comme celui de Marina en 2014, qui avaient déjà conduit à des promesses de réformes sans suite. Cette fois, l'exécutif assure vouloir aller jusqu'au bout. Une mission parlementaire transpartisane devrait être mise en place dans les prochains jours.
Le président a conclu en appelant à une "mobilisation générale" pour protéger les enfants, insistant sur le devoir de la société à ne pas détourner le regard. Un hommage national à Lyhanna est envisagé, bien que la famille ait demandé à rester dans la discrétion.



