Une succession de vagues de chaleur inédite
Depuis le début de l'été, la France connaît une succession de vagues de chaleur sans précédent. Selon Météo-France, le pays a déjà enregistré trois épisodes caniculaires entre juin et août, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions. Cette situation relance un débat ancien : faut-il autoriser l'installation de volets roulants ou de persiennes dans les logements anciens, souvent classés ou situés dans des secteurs protégés ?
Le choc thermique dans les logements mal isolés
Les logements anciens, notamment ceux construits avant 1948, sont particulièrement vulnérables à la chaleur. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) estime que 40 % des résidences principales en France sont mal isolées contre la chaleur. Les occupants subissent des températures intérieures pouvant atteindre 35 °C, ce qui pose des risques sanitaires, notamment pour les personnes âgées et les enfants en bas âge.
La réglementation en question
Dans de nombreuses communes, les règles d'urbanisme interdisent ou limitent l'installation de volets roulants sur les façades visibles depuis la rue, afin de préserver le patrimoine architectural. Les architectes des Bâtiments de France (ABF) sont souvent réticents à accorder des dérogations. Pourtant, face à l'urgence climatique, certains élus locaux réclament une assouplissement des règles. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a déclaré : « Il est nécessaire de trouver un équilibre entre la protection du patrimoine et l'adaptation au changement climatique. »
Des solutions alternatives proposées
Pour concilier esthétique et confort thermique, des solutions alternatives émergent : stores intérieurs réfléchissants, films solaires pour vitrages, ou encore végétalisation des façades. L'association de défense du patrimoine Sites & Monuments propose un guide pratique pour choisir des protections solaires adaptées aux bâtiments anciens. Selon son président, « il ne faut pas céder à la facilité des volets roulants standardisés, qui dénaturent le paysage urbain. »
Un enjeu de santé publique
Au-delà du confort, l'absence de protection solaire efficace a des conséquences sanitaires. Santé publique France a recensé 1 500 décès supplémentaires lors de la canicule de 2023, dont une majorité dans des logements mal adaptés. Les associations de consommateurs, comme UFC-Que Choisir, militent pour que les propriétaires soient encouragés à installer des dispositifs d'occultation performants, via des aides financières ou des crédits d'impôt.
Vers une évolution législative ?
Plusieurs propositions de loi ont été déposées au Parlement pour faciliter l'installation de volets roulants dans les zones protégées. Le ministère de la Transition écologique a annoncé la création d'un groupe de travail associant élus, architectes et associations de protection du patrimoine. Une décision est attendue pour l'automne 2026.



