Sonia Mabrouk a levé le voile sur les raisons de sa démission récente de CNews et Europe 1. La journaliste de 49 ans a annoncé en février quitter le groupe Bolloré pour rejoindre BFMTV. Un choix qu'elle disait avoir effectué par « souci de cohérence » en marge de l'affaire Morandini. Quelques mois plus tard, l'animatrice de télévision a accepté d'en dire plus sur sa décision.
Un choix motivé par l'affaire Morandini
« Je crois que je suis l'une des personnalités à avoir le moins changé de chaîne ! », a-t-elle souligné auprès du Parisien. « Mais l'affaire Morandini a provoqué une rupture ». Jean-Marc Morandini, animateur de longue date de CNews, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 € d'amende en début d'année pour corruption de mineurs et harcèlement. Malgré les doutes qui planaient déjà sur l'animateur depuis 2016, il a été maintenu à l'antenne par Canal+, propriété du groupe Bolloré, jusqu'à ce qu'il propose son retrait peu de temps après l'annonce de la démission de Sonia Mabrouk.
Une promesse non tenue
La journaliste, qui a rejoint le groupe « il y a huit ans » alors que l'affaire était déjà connue, assure qu'on lui avait promis le départ de l'animateur en cas de « condamnation définitive ». « Cet engagement m'allait, car le respect de la présomption d'innocence est quelque chose de sacré pour moi », a-t-elle expliqué au quotidien. Mais lorsque la vérité a éclaté, Sonia Mabrouk a « dit les choses respectueusement parce que je n'aime pas les gens qui crachent dans une soupe qu'ils ont trouvée comestible pendant des années. Mais à partir du moment où on m'a montré la porte, je l'ai refermée ».
Vincent Bolloré pointé du doigt
Quant à Vincent Bolloré, qui a refusé de « lâcher » l'affaire, Sonia Mabrouk a conclu de leurs conversations que l'homme d'affaires n'avait pas à démontrer de « charité chrétienne avec quelqu'un qui a été condamné pour corruption de mineurs ». « Tous les anonymes qui sont venus me parler après cette affaire m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas pourquoi Jean-Marc Morandini était maintenu, y compris ceux qui l'apprécient », a-t-elle confié. « Sur le sujet des mineurs, on ne peut pas créer le doute auprès du public. Cela a créé une brèche. On verra si elle se referme ».



