Précarité étudiante : les députés votent l'indexation des bourses sur l'inflation
Bourses étudiantes indexées sur l'inflation : vote des députés

L'Assemblée nationale a franchi une étape décisive dans la lutte contre la précarité étudiante. Ce jeudi 12 juin 2026, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi visant à indexer le montant des bourses sur l'inflation. Ce texte, porté par le groupe socialiste, a recueilli une large majorité, avec 287 voix pour et 112 contre.

Une mesure attendue par les étudiants

La proposition de loi prévoit que le montant des bourses sur critères sociaux soit automatiquement revalorisé chaque année en fonction de l'indice des prix à la consommation. Cette mesure, réclamée de longue date par les syndicats étudiants, vise à garantir le pouvoir d'achat des boursiers face à la hausse du coût de la vie. Selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, près de 700 000 étudiants bénéficient actuellement d'une bourse, dont le montant moyen est de 4 200 euros par an.

Un contexte de hausse des prix

L'inflation, qui a atteint 5,2 % sur un an en mai 2026, a particulièrement frappé les étudiants, contraints de faire face à l'augmentation des loyers, de l'alimentation et des transports. De nombreux témoignages ont alerté sur la détérioration des conditions de vie, certains étudiants étant contraints de sauter des repas ou de renoncer à se chauffer. L'indexation des bourses sur l'inflation est une réponse concrète à cette urgence sociale, a souligné la rapporteure du texte, députée socialiste de Paris.

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Un financement assuré par l'État

Pour financer cette mesure, le gouvernement a prévu une enveloppe supplémentaire de 350 millions d'euros dans le budget 2027. Cette somme permettra de couvrir la revalorisation automatique des bourses, estimée à 5 % pour l'année prochaine. Le ministre de l'Enseignement supérieur a salué une avancée majeure pour la justice sociale, tout en rappelant que d'autres dispositifs, comme le repas à 1 euro pour les boursiers, seront maintenus.

Les oppositions divisées

Si la majorité présidentielle et la gauche ont voté pour, les députés du Rassemblement national et de certains groupes de droite se sont opposés au texte. Ils ont critiqué une mesure coûteuse et non ciblée, estimant que l'indexation profiterait à des étudiants qui n'en ont pas besoin. La droite a proposé un amendement visant à réserver la revalorisation aux seuls boursiers échelon 0 à 5, mais il a été rejeté.

Prochaine étape : le Sénat

Le texte doit maintenant être examiné par le Sénat, où sa majorité de droite pourrait le modifier. Les syndicats étudiants appellent à une adoption rapide, d'ici la rentrée 2026, afin que la revalorisation s'applique dès le mois de septembre. L'indexation des bourses sur l'inflation est une mesure de bon sens qui doit être mise en œuvre sans délai, a déclaré la présidente de l'UNEF.

Cette proposition de loi s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la précarité étudiante, avec d'autres mesures en discussion, comme le plafonnement des loyers étudiants ou la généralisation des repas à prix modérés dans les restaurants universitaires.

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