Maÿllis, une étudiante de 22 ans, vit un calvaire dans son studio de 9 m² sous les combles à Paris. Avec la canicule, la température atteint 37°C à l'intérieur, rendant son logement invivable. Elle raconte des nuits de deux à cinq heures de sommeil, des douleurs abdominales et des vomissements causés par la chaleur. "Je dors entre deux et cinq heures par nuit, c'est extrêmement court et je ne récupère jamais vraiment", confie-t-elle.
Un quotidien infernal
Pour fuir la fournaise, Maÿllis sort souvent jusqu'à minuit ou deux heures du matin, espérant une baisse de température. Elle va parfois au cinéma pour profiter de la climatisation. Chez elle, le ventilateur ne brasse que de l'air chaud, et ses produits de maquillage fondent. Les nuits sont insoutenables : elle laisse la fenêtre ouverte malgré le bruit des restaurants et des travaux. "Je ne peux juste pas rentrer et me poser tranquillement chez moi", déplore-t-elle.
Un loyer de 600 euros pour une souffrance
Depuis mai, Maÿllis dort chez des amies ou à l'hôtel pour récupérer. Elle a contacté son propriétaire, qui a proposé une climatisation fixe, mais elle hésite à cause de l'encombrement et du bruit. Elle cherche un nouveau logement depuis un an, mais le marché parisien est tendu : "Quand vous avez 50 personnes qui postulent au même appartement, c'est très compliqué." Elle paye 600 euros par mois pour un logement invivable. "C'est grave de payer 600 euros par mois pour être en souffrance", s'indigne-t-elle.
Des millions de passoires thermiques en France
Le cas de Maÿllis est loin d'être isolé. Selon la SDES (Statistique publique de l'énergie, des transports du logement et de l'environnement), au 1er janvier 2025, la France comptait près de 3,9 millions de logements considérés comme des "passoires énergétiques", soit 12,7 % du parc. En Occitanie, on en dénombre entre 430 000 et 510 000. "Nous ne sommes qu'au début de l'été, et j'appréhende déjà les semaines à venir si les températures continuent d'augmenter", confie Maÿllis, qui espère trouver rapidement un logement vivable.



