Vols à la tire entre la gare Saint-Roch et le Jeu-de-Paume à Montpellier : l’un des auteurs était sorti de prison depuis trois jours
Les deux hommes avaient été interpellés par la police sur le boulevard du Jeu-de-Paume. Lundi 3 novembre, la vigilance des agents de sécurité de la gare Saint-Roch, puis la filature des policiers nationaux, avaient permis d’interpeller deux hommes qui se livraient à des vols de portables et de cartes bancaires au gré de leurs déplacements en ville. Jugés vendredi 7 novembre, l’un d’eux sort tout juste de détention.
Un manège repéré par les agents de sécurité
Ni vu ni connu, ils volaient cartes bancaires et téléphones portables en écumant les commerces et les terrasses de cafés, entre la gare Saint-Roch et le boulevard du Jeu-de-Paume, à Montpellier. Lundi 3 novembre, le manège du premier est repéré par les agents de sécurité de la gare, dans une boulangerie. Il est signalé à la police nationale, qui le prend en filature.
Interpellés en flagrant délit
Le suspect est vu en train de rejoindre un autre individu devant la gare, et échanger des objets avec lui. Puis, le duo se dirige vers la place de la Comédie où il passe de terrasse en terrasse, manifestement à la recherche d’opportunités de vol. L’un et l’autre sont finalement interpellés en flagrant délit, boulevard du Jeu-de-Paume, en possession de cartes bancaires volées à la même victime sur la terrasse d’un café voisin.
Un passé judiciaire lourd
Les deux hommes étaient jugés vendredi 7 novembre, en comparution immédiate, devant le tribunal correctionnel. L’un, âgé de 60 ans, déjà condamné plusieurs fois pour vol et recel. Des faits anciens, pour la plupart. L’autre, 34 ans, neuf mentions au casier judiciaire et sorti de prison… trois jours avant les faits.
"Venu à Montpellier chercher du travail"
Dans le box, le plus âgé s’empresse de dédouaner le plus jeune. "Il n’a rien à voir dans cette histoire", dit-il, contredisant ce qu’il a déclaré en garde à vue, et ce que les policiers ont observé lors de leur surveillance. N’a-t-il pas affirmé que tous les deux étaient venus ensemble de Nîmes et qu’il remettait à son comparse le butin de chaque vol ? "Il était venu à Montpellier pour chercher du travail", soutient maintenant le sexagénaire. Les policiers ont pourtant vu les deux hommes agir ensemble, ou l’un près de l’autre. "Quand vous voyez monsieur longer les terrasses de la Comédie, vous trouvez ça normal ?", lance la présidente Alix Fredon au plus jeune. "Il m’a donné un téléphone. Il m’a dit qu’il l’avait acheté à quelqu’un et d’y mettre ma carte SIM", s’empêtre le prévenu. "Et vous ne vous posez pas de questions ?", reprend la présidente.
Interdit de séjour dans le Nord et le Pas-de-Calais
Le trentenaire, arrivé en France en 2018, est en situation irrégulière sur le territoire. Il dit travailler comme coiffeur. Condamné pour vol et vol aggravé dans le Nord, il a l’interdiction de paraître dans ce département, ainsi que dans le Pas-de-Calais. Mais concernant cette affaire montpelliéraine, il nie toute implication, du moins dans les vols. Son aîné, en situation régulière pour sa part, est domicilié à Nîmes. Sans travail, il cumule les impayés de loyer. Il explique avoir agi sous l’emprise de la drogue. "Je suis en train de me soigner", assure-t-il au tribunal.
Précarité et plaidoiries
L’avocate du plus jeune énumère les faits où son client est absent. L’utilisation d’une carte de paiement volée à l’une des victimes ? "Il n’y a aucun justificatif", plaide-t-elle. Me David Mendel, pour l’autre prévenu, fait valoir la situation précaire de ce sexagénaire, qui "va se retrouver sans logement à sa sortie de prison, s’il est incarcéré". L’avocat demande au tribunal de prononcer une obligation de soin. "Je n’arrive pas à m’en sortir, je m’excuse pour les victimes", déclare le prévenu avant que le tribunal ne se retire.
De six à douze mois ferme
Si celui-ci relaxe les deux hommes de certains faits de vol ou de recel qui leur étaient reprochés, il les condamne pour le reste des poursuites. Douze mois ferme pour le plus jeune, compte tenu de ses peines récentes, et une interdiction du territoire pendant trois ans. Douze mois de prison, dont six avec sursis probatoire pendant deux ans pour le plus âgé, dont le passé judiciaire est plus ancien. Celui-ci bénéficiera d’un aménagement pour la partie ferme, mais fait l’objet d’une obligation de travail et de suivre des soins addictologiques. Il devra en outre indemniser les victimes.



