Plainte pour violences policières à La Rochelle : un avocat bousculé au commissariat
Violences policières à La Rochelle : un avocat bousculé

Plainte pour violences policières à La Rochelle : un avocat bousculé au commissariat

Un avocat du barreau de La Rochelle a déposé plainte pour violences policières, un incident survenu au commissariat rochelais qui a provoqué l'indignation du bâtonnier. Ce dernier estime que « les limites ont été atteintes » dans cette affaire qui met en lumière des tensions entre forces de l'ordre et défenseurs des droits.

Un acte de procédure qui tourne au vinaigre

Vendredi 6 février, la désignation d'un avocat de permanence du barreau de La Rochelle-Rochefort par le bâtonnier pour assister un mineur en audition libre semblait anodine. Cependant, la situation a brutalement dégénéré au commissariat. « Après avoir pris connaissance du dossier, le confrère a estimé que ça ne nécessitait pas une audition libre, et a déposé ses observations », explique le bâtonnier Me Daniel Charcellay. Le mineur et sa famille pouvaient donc quitter immédiatement les lieux, ce qui a visiblement mécontenté un officier de police judiciaire.

L'officier est intervenu, bousculant l'avocat dans le dos et le mettant dehors sans ménagement. Me Charcellay dénonce ce comportement comme inacceptable. Soutenu par le barreau, l'avocat a déposé une plainte auprès du procureur de La Rochelle, Arnaud Laraize, pour violences policières. Un signalement a également été adressé à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Une atteinte aux droits de la défense

Le bâtonnier insiste sur la gravité de l'incident : « L'avocat est le seul garant des droits de la défense dans les procédures. Ce qu'il s'est passé est une atteinte inacceptable de ces droits ». En conséquence, il a pris la décision de ne plus désigner de confrères pour les auditions libres de mineurs « tant que leur sécurité n'est pas assurée au commissariat ».

La police évoque un événement isolé

Du côté des forces de l'ordre, Myriam Akkari, directrice interdépartementale de la police nationale de la Charente-Maritime, réagit en reconnaissant une « incompréhension sur une décision prise ». Elle précise que l'avocat a été invité à quitter le commissariat dans le cadre d'une affaire sensible, et que les autorités attendent la décision du procureur. Le gradé mis en cause admet une altercation verbale mais nie toute violence physique. « Cet événement est isolé, les relations avec les avocats sont globalement bonnes », ajoute-t-elle.

Ces explications ne suffisent pas à apaiser la situation. Pour Me Charcellay, cet incident reflète un « mépris total » envers les avocats et leurs fonctions.

Contexte : un précédent récent de violences policières

Cet événement survient dans un contexte tendu, rappelant un précédent cas à La Rochelle. Un policier a été reconnu coupable de violences aggravées sur un mineur et condamné, ce mercredi 11 février, à 700 euros d'amende. L'affaire remonte au 2 avril 2025, lorsqu'un adolescent de 14 ans, en garde à vue, a tenu des propos provocants, entraînant une bousculade avec l'agent.

Une avocate, témoin de la scène, a signalé au parquet que le policier avait attrapé le mineur à la gorge, l'avait plaqué contre le mur et soulevé du sol. Le Ministère public avait estimé que cette « perte de contrôle » méritait quatre mois de prison avec sursis, bien que l'adolescent n'ait pas déposé plainte. Ces incidents successifs soulèvent des questions sur les pratiques policières et la protection des droits dans la région.