La justice accélère dans l'affaire AD Laurent. Deux ans après le dépôt d'une plainte pour viols aggravés visant le créateur de contenus et ancien candidat de téléréalité, une juge d'instruction a officiellement été désignée pour mener les investigations. L'avocat de la plaignante, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, a confirmé cette information du Parisien à 20 Minutes.
Une instruction désormais officielle
« L'instruction est ouverte depuis longtemps. Mais nous avons eu la confirmation officielle, courant avril, par courrier, que la magistrate avait été désignée. Ça a mis du temps mais nous ne sommes pas pressés et nous sommes sereins », a déclaré Me Basson-Larbi. La plainte contre X a été déposée le 20 mars 2024 pour le compte de sa cliente, dont il souhaite « préserver l'anonymat le plus longtemps possible ». Les faits dénoncés se seraient produits à deux reprises en 2018 lors d'un séjour en Australie.
L'impact psychologique sur la plaignante
Aujourd'hui, l'impact psychologique reste immense pour la plaignante, dont l'anonymat est farouchement protégé. « Elle est détruite par ce qu'elle dit avoir subi, quelle que soit l'issue judiciaire », confie son avocat, décrivant une jeune femme « fragilisée par tout ça » mais animée d'une « force remarquable ».
Le parcours d'AD Laurent
De son vrai nom Adrien Laurent, le trentenaire s'est fait connaître en participant à l'émission de téléréalité de M6 Garde à vous en 2015, à l'âge de 21 ans. Après avoir enchaîné d'autres programmes comme Les Princes de l'Amour ou Les Anges, il s'est radicalement reconverti dans l'industrie du divertissement pour adultes, monétisant ses productions pornographiques sur les plateformes payantes MYM et OnlyFans.
Une audience massive et controversée
Très présent sur les réseaux sociaux, il avait culminé à près de 1,8 million d'abonnés sur TikTok avant que son compte principal ne soit banni par la plateforme. Désormais replié sur un compte de secours, il y est encore suivi par plus de 500 000 personnes. Mais son audience, majoritairement très jeune, cristallise les critiques. Déjà banni d'Instagram, l'influenceur s'était retrouvé au cœur d'une tempête politique en mai 2025 lorsque le gouvernement avait officiellement saisi la direction de TikTok pour réclamer la suppression de son compte, l'accusant de véhiculer une image toxique de la sexualité. Cette polémique l'avait conduit, en juin 2025, à être auditionné par une commission d'enquête à l'Assemblée nationale portant sur les effets des réseaux sociaux sur les mineurs.
La défense conteste les accusations
La procédure n'a en tout cas pas entamé l'activité en ligne de l'influenceur. Un constat que partage avec détachement le conseil de la plaignante : « AD Laurent est présumé innocent, la plainte ne l'a pas empêché de travailler et c'est tant mieux », glisse Me Basson-Larbi.
La défense d'AD Laurent tempère immédiatement la portée de cette nouvelle étape en rappelant qu'elle est automatique dans la procédure pénale française. La désignation d'un juge d'instruction est en effet obligatoire et systématique lorsqu'une plainte avec constitution de partie civile est déposée pour des faits de nature criminelle, comme le viol. « C'est le cours normal d'une information judiciaire, il n'y a rien de nouveau », rétorque Me Edouard Pontois, l'avocat du créateur de contenus, contacté par 20 Minutes.
Un manque de transparence dénoncé
Le conseil de l'influenceur conteste radicalement les accusations et critique vivement les conditions de cette saisine. « Il y a un avocat qui a porté plainte sous X et contre X. Mon client ne sait pas qui l'accuse », déplore Me Pontois. Il assure que son client n'est pas ébranlé par la procédure. « Il est présumé innocent et conteste l'intégralité des faits décrits par cet avocat. Il est extrêmement serein sur le fait que ces faits ne se sont jamais produits. » Contacté par 20 Minutes, le parquet de Paris indique simplement que « cette information judiciaire est en cours ».



