Sarkozy surpris par les révélations sur Guéant au procès du financement libyen
Sarkozy surpris par Guéant au procès libyen

L'ancien président surpris par les agissements de son ex-bras droit

Au troisième jour de son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy a manifesté sa stupéfaction face aux éléments dévoilés par la procédure judiciaire concernant son ancien collaborateur Claude Guéant. L'ex-chef de l'État, jugé dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a pris ses distances avec son ex-secrétaire général de l'Élysée, déclarant avoir été « surpris, interloqué » par les faits rapportés dans le dossier.

Des révélations qui bousculent l'image d'un collaborateur

Nicolas Sarkozy a souligné le contraste entre le Claude Guéant qu'il a connu et les agissements mis en lumière par la justice. « Monsieur Guéant était un collaborateur remarquable. Le Guéant que j'ai connu et apprécié ne ressemble pas aux épisodes que j'ai lus dans ce dossier », a-t-il affirmé en réponse à une question d'un avocat général. L'ancien président a ajouté : « J'ai eu l'impression de ne pas avoir affaire à la même personne ».

Claude Guéant, aujourd'hui âgé de 81 ans, est accusé dans cette affaire à tiroirs d'avoir accepté une montre de luxe puis 500 000 euros de l'intermédiaire Alexandre Djouhri, sans déclarer cette somme au fisc. Il est rejugé depuis la mi-mars avec sept autres prévenus, mais n'assiste pas au procès pour des raisons de santé.

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Un procès en appel aux enjeux majeurs

En première instance, Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs pour avoir laissé Claude Guéant et Brice Hortefeux négocier fin 2005 un financement de sa campagne avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi. Ce dernier a été condamné à perpétuité par la justice française pour son rôle dans l'attentat du DC-10 d'UTA, qui a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français.

L'ancien président a écopé de cinq ans de prison ferme avec exécution provisoire, ce qui a entraîné son incarcération pendant une vingtaine de jours avant sa libération sous contrôle judiciaire. Claude Guéant a, quant à lui, été condamné à six ans de prison pour cette infraction, ainsi que pour corruption, trafic d'influence passive et faux et usage de faux, sans mandat de dépôt en raison de ses problèmes de santé.

Des déclarations qui évoluent au fil des audiences

Lors du premier jour de son interrogatoire mardi, Nicolas Sarkozy avait estimé que Claude Guéant et Brice Hortefeux avaient été « coupables d'imprudence » en rencontrant Abdallah Senoussi à Tripoli fin 2005, qualifiant cela d'« erreur » puis de « faute ». Mercredi, interrogé sur les grosses sommes d'argent en espèces brassées par Claude Guéant, il a jugé cela « extrêmement étrange ».

L'ancien chef de l'État a insisté sur la nécessité pour Claude Guéant de fournir des explications crédibles. Interrogé sur l'identité des intérêts entre lui et ses collaborateurs, il a répondu : « J'en avais la certitude, depuis que je me plonge dans le dossier, je l'ai moins », marquant ainsi un changement dans sa perception des événements.

Ce procès en appel continue de mettre en lumière les complexités de cette affaire politico-financière, avec des révélations qui remettent en question les relations au sein de l'ancienne équipe présidentielle.

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