L'ancien président se défend en isolant ses collaborateurs
Pour la première fois depuis le début de son procès en appel, Nicolas Sarkozy a été interrogé mardi 7 avril 2026 sur les soupçons de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. L'ancien chef de l'État, qui a dirigé la France de 2007 à 2012, a adopté une stratégie de défense claire : prendre ses distances avec ses deux anciens proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux.
Une défense qui pointe les « fautes » des lieutenants
Devant la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy a longuement développé son argumentation, évoquant explicitement les « fautes » commises par ses anciens lieutenants. « Que ma probité soit remise en cause, j'en ai l'habitude. Mais mon intelligence... », a-t-il déclaré, suggérant que les erreurs attribuées à son entourage ne pouvaient lui être imputées personnellement.
L'ancien président a passé plus de six heures à la barre, montrant une endurance remarquable malgré les apparences. Quand le président de la cour d'appel, Olivier Géron, lui a proposé une pause en détectant une possible fatigue, Sarkozy a répondu avec vivacité : « Non, mais, en revanche, je veux bien une feuille blanche », démontrant qu'il était moins à court d'énergie que de support pour ses notes.
Une préparation méticuleuse face aux interrogatoires
Depuis le début de son interrogatoire vers 9 heures ce mardi matin, Nicolas Sarkozy a adopté une méthode de travail rigoureuse. Comme un élève appliqué, il a griffonné des notes sur une feuille blanche à chaque question posée par le président de la cour d'appel. Cette approche méthodique lui permettait de structurer ses réponses avec précision et de ne rien laisser au hasard dans sa défense.
Le procès en appel fait suite à une première condamnation dans cette affaire sensible qui implique des soupçons de financement illicite de campagne électorale. Les accusations portent sur des versements présumés provenant du régime libyen de Mouammar Kadhafi pour soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Les implications politiques de cette stratégie défensive
En choisissant de mettre en avant les « fautes » de Claude Guéant, son ancien directeur de cabinet et ministre de l'Intérieur, et de Brice Hortefeux, ancien ministre et proche collaborateur, Nicolas Sarkozy opère un virage stratégique significatif dans sa défense. Cette approche vise à dissocier sa responsabilité personnelle de celle de son entourage immédiat.
Les observateurs judiciaires notent que cette stratégie pourrait avoir des conséquences importantes sur la dynamique du procès et sur les relations au sein de l'ancienne équipe présidentielle. L'affaire libyenne continue de susciter un intérêt médiatique considérable en raison de son caractère historique et des personnalités politiques de premier plan qu'elle implique.
Le procès se poursuit dans un contexte où la justice française examine minutieusement les allégations de financement étranger illégal de campagnes électorales, une question sensible qui touche aux fondements de la démocratie et à l'intégrité des processus électoraux.



