Laurence Rossignol dénonce l'inefficacité de la loi sur le proxénétisme en ligne
La proposition de loi visant à lutter contre l'exploitation sexuelle en ligne, adoptée mardi 10 février 2026 au Sénat, suscite des critiques acerbes de la part de la sénatrice socialiste Laurence Rossignol. L'ancienne ministre des Droits des femmes estime que cette mesure, portée par la sénatrice LR Marie Mercier, est « inefficace » et ne répond pas aux enjeux cruciaux de protection des femmes.
Une loi qui divise sur le fond juridique
Si le texte fait l'unanimité sur l'objectif de combattre le « proxénétisme 2.0 », l'argument juridique sur lequel il s'appuie crée des divisions. Laurence Rossignol souligne que la proposition de loi ne permet ni de protéger adéquatement les femmes créatrices de contenus sur des plateformes comme OnlyFans et Mym, ni de contrer la mainmise des intermédiaires qui récupèrent une part substantielle de leurs revenus.
La sénatrice explique que ces plateformes, sous les feux des projecteurs depuis l'adoption du texte, continuent d'opérer dans un flou juridique qui pénalise les travailleuses du secteur. Elle insiste sur le fait que la mesure manque de mécanismes concrets pour empêcher l'exploitation financière et assurer la sécurité des femmes impliquées.
Les limites de la proposition de loi
Selon Laurence Rossignol, la loi adoptée au Sénat présente plusieurs lacunes majeures :
- Elle ne définit pas clairement les responsabilités des plateformes en matière de modération et de protection des utilisatrices.
- Elle offre peu de garanties contre les abus des « proxénètes 2.0 » qui exploitent économiquement les créatrices de contenus.
- Elle ne prévoit pas de soutien juridique ou social adapté aux femmes vulnérables dans ce secteur.
La sénatrice socialiste appelle à une refonte du texte avant son passage à l'Assemblée nationale, plaidant pour des dispositions plus robustes et ciblées. Elle rappelle que l'enjeu dépasse la simple régulation technique pour toucher à des questions fondamentales de droits des femmes et de justice sociale.
La proposition de loi, bien qu'adoptée au Sénat, devra donc faire face à des débats animés lors de son examen à l'Assemblée nationale, où les critiques de Laurence Rossignol pourraient influencer les amendements à venir.