Rima Hassan jugée pour apologie du terrorisme : « Je me suis sentie trahie »
Rima Hassan jugée pour apologie du terrorisme

La députée européenne de la France insoumise Rima Hassan comparaît ce mardi 7 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme. En cause, un message posté sur les réseaux sociaux le 26 mars 2026, dans lequel elle aurait tenu des propos jugés ambigus sur les attaques du Hamas. Dans un entretien accordé au Nouvel Obs, elle affirme s'être sentie « trahie par son pays » et dénonce un « acharnement » politique.

Un tweet sous haute surveillance

Le 26 mars 2026, Rima Hassan publie un tweet qui lui vaut aujourd'hui d'être poursuivie. Le parquet de Paris estime que ce message constitue une apologie du terrorisme. L'élue, réfugiée palestinienne, est connue pour ses positions tranchées sur le conflit israélo-palestinien. Elle assure que son tweet a été sorti de son contexte et qu'elle n'a jamais voulu justifier des actes terroristes. « Je suis une femme de droit, je respecte les lois de la République », déclare-t-elle.

L'affaire prend une ampleur politique lorsque le ministre de l'Intérieur de l'époque, François-Noël Buffet, demande publiquement sa déchéance de nationalité française. Une mesure exceptionnelle qui suscite l'indignation de la gauche. « Est-ce qu'on se rend bien compte ? Un ministre demande ma déchéance de nationalité pour un tweet », s'insurge Rima Hassan.

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Un procès très attendu

Le tribunal correctionnel de Paris examinera les faits ce mardi. La peine encourue peut aller jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. La défense de Rima Hassan plaidera la liberté d'expression et le droit de critiquer la politique israélienne. Son avocat, Me Vincent Brengarth, estime que les poursuites sont « disproportionnées » et visent à faire taire une voix dissonante.

De son côté, le parquet maintient que les propos de l'élue dépassent les limites de la critique légitime. « Il ne s'agit pas de débat politique, mais d'une apologie claire d'actes terroristes », affirme une source judiciaire. L'audience devrait durer plusieurs heures et pourrait être marquée par des témoignages de soutien.

Une militante clivante

Rima Hassan, 33 ans, est une figure montante de la France insoumise. Élue au Parlement européen en 2024, elle s'est fait connaître par ses prises de position radicales sur la Palestine. Ses détracteurs lui reprochent un langage parfois ambigu sur le terrorisme. Ses partisans voient en elle une défenseure intransigeante des droits des Palestiniens.

Lors de l'entretien, elle revient sur son parcours : née dans un camp de réfugiés en Syrie, elle a obtenu la nationalité française en 2018. « La France m'a accueillie, je lui en suis reconnaissante, mais aujourd'hui je me sens trahie par ceux qui devraient protéger la liberté d'expression », confie-t-elle.

Impact politique et médiatique

Ce procès intervient dans un climat politique tendu, marqué par la montée des tensions au Proche-Orient et les divisions sur le conflit. Plusieurs associations de défense des droits humains ont appelé à un rassemblement de soutien devant le tribunal. À l'inverse, des voix s'élèvent pour dénoncer l'impunité dont bénéficieraient certains élus.

Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 62 % des Français estiment que les propos de Rima Hassan relevaient de l'apologie du terrorisme. Mais 48 % jugent que les poursuites sont excessives. La décision du tribunal est attendue sous huitaine.

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