Relaxe pour deux jeunes accusés de violences contre des policiers aux fêtes de Dax
Ce lundi 2 mars 2026, le tribunal judiciaire de Dax a prononcé la relaxe d'un Bayonnais et d'un Dacquois, tous deux âgés d'une vingtaine d'années. Ils étaient poursuivis pour des faits de violences sur trois fonctionnaires de police survenus durant les fêtes de Dax, dans la nuit du 16 au 17 août 2025. La présidente du tribunal, Laure Vuitton, a motivé sa décision en estimant que « les infractions sont insuffisamment caractérisées ».
Des faits contestés lors d'une intervention en civil
Les policiers impliqués, membres de la BAC des Pyrénées-Atlantiques venus en renfort, patrouillaient « en civil » lorsqu'ils ont déclaré avoir été témoins d'une altercation. Selon leur version, l'un des deux prévenus aurait porté « un violent coup de tête » sur un festayre après une bousculade involontaire. Leur intervention, dans les escaliers menant de la place de la Course aux remparts, les aurait ensuite confrontés à « un homme qui veut en découdre », soutenu par un groupe d'une dizaine d'individus.
Les agents affirment avoir été frappés par les deux accusés avant que ces derniers ne prennent la fuite. Interpellés peu après sur les balcons de l'Adour, les jeunes hommes, âgés de 23 et 24 ans, ont exprimé leur surprise face à ces accusations. « Quand les CRS les ont arrêtés, ils ont été surpris. Ils n'ont même pas compris qu'on leur reprochait des violences contre des policiers », a souligné leur avocat, Me Bertrand Anglars, inscrit au barreau de Paris.
Des versions divergentes et une défense ferme
Le Bayonnais, pratiquant de jujitsu brésilien, a nié toute violence envers les forces de l'ordre. « Mettre un coup boule et des coups de poing, ça ne correspond pas à mes valeurs », a-t-il affirmé devant le tribunal. Avec une alcoolémie mesurée à 0,7 g/L d'air expiré lors de son contrôle, il a reconnu une bousculade dans l'escalier mais pas d'agression. « Il me pousse. Je le repousse. Il tombe », a-t-il décrit, insistant sur son absence de coups portés aux policiers.
Le Dacquois, quant à lui, a rapporté qu'un policier l'avait repoussé à plusieurs reprises alors qu'il tentait de s'approcher pour discuter lors du mouvement de foule. Contrairement à son coaccusé, son éthylotest s'est avéré négatif, écartant l'ivresse comme facteur explicatif.
Un réquisitoire sévère mais un dossier jugé fragile
Le Ministère public, représenté par le substitut du procureur Pierrick Alain, a requis une peine de trois mois de prison avec sursis contre les deux hommes. « Ils ne sont certes pas venus à la feria pour casser des policiers. Mais ils ont été pris dans ces fêtes et ils ont été incapables de se maîtriser », a-t-il argumenté. Pour étayer sa position, il a présenté des certificats médicaux établissant des douleurs au dos et à l'épaule chez deux policiers, ayant nécessité un arrêt de travail d'un jour.
Me Anglars a vigoureusement défendu ses clients, qualifiant le dossier de « bancal ». Il a pointé l'absence de témoignages de tiers ou d'images vidéo, reposant uniquement sur les déclarations des policiers. « Le témoignage des seuls policiers ne suffit pas. Il manque celui de tiers ou des images », a-t-il insisté. L'avocat a également regretté que le Ministère public n'ait pas tenu compte de la personnalité des mis en cause, insérés socialement et sans antécédents judiciaires.
En conclusion, Me Anglars a rappelé aux juges leur rôle : « Vous n'êtes pas là pour rendre un exemple, ce n'est pas votre office ». La décision de relaxe, annoncée par la présidente Vuitton, marque ainsi la fin des poursuites, avec un avertissement clair sur l'insuffisance des preuves.



