Équateur : une procureure assassinée à Manta, bastion du narcotrafic
Équateur : procureure assassinée à Manta

Le crime organisé a frappé de nouveau en Équateur. Une procureure de la République a été abattue par balles ce samedi 14 juin 2026 dans la ville portuaire de Manta, située dans la province de Manabí. Les faits se sont déroulés en pleine journée, alors que la magistrate se trouvait dans son véhicule, selon les premières informations des autorités locales.

Une zone sous emprise des cartels

Manta est une ville stratégique pour les réseaux de narcotrafic internationaux. Son port est l'un des principaux points de départ de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou vers les marchés européens et nord-américains. Depuis plusieurs années, la région est le théâtre d'une guerre sanglante entre gangs rivaux pour le contrôle des routes de la drogue. Les procureurs et les juges y sont régulièrement la cible d'intimidations et de représailles.

La procureure assassinée, dont l'identité n'a pas encore été officiellement communiquée, était spécialisée dans les affaires de criminalité organisée. Elle avait récemment été chargée de plusieurs dossiers sensibles impliquant des figures du narcotrafic local.

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Une réaction ferme du gouvernement

Le président équatorien a immédiatement condamné cet assassinat, promettant que les auteurs seraient traduits en justice. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a annoncé le déploiement de renforts policiers à Manta et l'ouverture d'une enquête prioritaire. Le gouvernement a également offert une récompense pour toute information menant à l'arrestation des coupables.

Cet assassinat intervient dans un contexte de violences exacerbées en Équateur. Depuis 2023, le pays a connu une escalade de la criminalité, avec des taux d'homicides records. Le président a déclaré l'état d'urgence dans plusieurs provinces et a ordonné des opérations militaires contre les gangs. Cependant, les critiques dénoncent une réponse insuffisante face à un problème systémique.

Un climat de terreur pour les magistrats

Les associations de magistrats ont exprimé leur indignation et leur peur. « C'est un jour noir pour la justice équatorienne », a déclaré le président de l'Association nationale des magistrats. « Nous demandons des mesures de protection renforcées pour tous les acteurs judiciaires confrontés à ces risques quotidiens. »

Depuis le début de l'année, plusieurs procureurs et juges ont été menacés ou attaqués. En février dernier, un juge anti-drogue avait été blessé par balles à Guayaquil. Les autorités peinent à endiguer la violence qui gangrène le système judiciaire.

Un phénomène qui dépasse les frontières

L'assassinat de cette procureure illustre la vulnérabilité des institutions équatoriennes face à la puissance des cartels. Les experts estiment que le pays est devenu un maillon essentiel de la chaîne du narcotrafic mondial, attirant des organisations criminelles mexicaines, colombiennes et albanaises. La lutte contre ce fléau nécessite une coopération internationale accrue, notamment en matière de renseignement et de contrôle portuaire.

En attendant, la ville de Manta est en deuil. Les habitants, habitués à la violence, expriment leur lassitude et leur colère. Beaucoup estiment que l'État doit agir avec plus de détermination pour protéger les citoyens et ceux qui les représentent dans les tribunaux.

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