Procès du meurtre de Lisa Toupenet : l'ex-compagnon campe sur ses positions devant la cour
Procès Lisa Toupenet : l'accusé maintient sa version devant les jurés

Un procès sous tension aux assises des Alpes-Maritimes

La cour d'assises des Alpes-Maritimes a vécu, ce jeudi, une audience particulièrement éprouvante dans le cadre du procès de Khalid El Haddad, accusé du meurtre de son ex-compagne Lisa Toupenet. Pressé de questions par le président Ludovic Leclerc, l'accusé âgé de 65 ans a livré des réponses fluctuantes et parfois maladroites, campant fermement sur ses positions. Il reconnaît avoir étranglé la victime mais réfute catégoriquement toute préméditation, se présentant comme un meurtrier et non comme un assassin. Les jurés, qui ont écouté attentivement ses déclarations souvent entrecoupées de sanglots, devront trancher ce vendredi sur son sort.

Des contradictions face aux éléments accablants

Le 1er janvier 2022 au soir, Khalid El Haddad a avoué aux forces de l'ordre avoir étranglé Lisa Toupenet, âgée de 45 ans, dans le parking de sa résidence située au 193 boulevard de la Madeleine à Nice. Pourtant, devant la cour, il insiste sur l'absence de dessein criminel, affirmant que ce geste fatal était le fruit d'un moment de folie. « Jamais de ma vie, je pensais un jour faire du mal à ma femme », a-t-il déclaré, visiblement ému. Cependant, une foule d'éléments contredisent sa version des faits, jetant une lumière crue sur la nature violente de leur relation.

Les quatre enfants de Lisa Toupenet, dont deux sont issus de son union avec l'accusé, ont décrit un homme violent et possessif. Khalid El Haddad balaie ces accusations d'un revers de main, qualifiant ces témoignages de mensonges. « Je n'ai jamais frappé, jamais donné de coups de ceinture. Je criais, c'est vrai, quand il y avait des choses à leur reprocher. Mais par rapport à ce que j'ai fait, c'est une goutte d'eau dans l'océan. Moi, j'ai enlevé la vie de leur mère... », a-t-il lancé, dans un français approximatif qui a marqué l'audience. Le président Leclerc n'a pas manqué de relever l'ironie de la situation, interrogeant l'accusé sur le bonheur supposé de la victime.

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L'emprise et les preuves accablantes

Au-delà des violences alléguées, l'enquête a mis en évidence une emprise inquiétante de Khalid El Haddad sur Lisa Toupenet. Des appels répétés à son employeur pour connaître son emploi du temps, des surveillances constantes de la femme qui lui échappait et même de leur fille Inès, qui avait déposé plainte après une tentative de suicide de sa mère. L'accusé nie farouchement ces faits, se bornant à reconnaître une jalousie maladive. « Jaloux, oui. Surveiller, non », a-t-il réfuté, brossant un tableau familial idyllique en totale contradiction avec les témoignages recueillis.

Les preuves matérielles s'accumulent pourtant contre lui. Un courrier découvert dans sa table de chevet, daté du surlendemain de Noël 2021, révèle des phrases lourdes de sens : « J'aime ma femme, elle m'a humilié. (...) Aujourd'hui, c'est la goutte qui a débordé le vase ». Interrogé sur le sens de ces mots, Khalid El Haddad s'est contenté d'éluder, murmurant « J'en avais marre... ». Le jour du drame, Lisa Toupenet avait accepté de dîner avec lui, peut-être pour apaiser les tensions. Les versions de l'accusé sur les provocations supposées de la victime ont varié, passant d'une confession amoureuse durant le repas à des insultes triviales dans le parking. « À ce moment-là, j'ai perdu la tête... », a-t-il finalement concédé.

Des incohérences flagrantes et une défense ardue

Le président Leclerc a poussé l'accusé dans ses retranchements, pointant du doigt les incohérences de son récit. Pourquoi être entré dans ce parking qui terrorisait Lisa Toupenet ? Pourquoi avoir dissimulé son corps dans le coffre de sa voiture et l'avoir verrouillé ? Khalid El Haddad avance des explications bancales, évoquant une voiture qui attendait derrière lui ou un verrouillage automatique. Les questions fusent sur le sac jaune contenant des cordes et du ruban adhésif dont il s'est débarrassé, sur les téléphones portables disparus, sur sa tentative de suicide supposée sans traces visibles sur son cou.

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Me Julien Darras, qui prépare une défense ardue aux côtés de Me Benjamin Taieb, a résumé l'enjeu principal : « La question principale, c'est de savoir si vous aviez, dans votre tête, un dessein criminel ». La voix de Khalid El Haddad a chancelé à cet instant, mais il est resté intraitable : « Jamais, jamais, je voulais sa mort. Ces mots qui sont sortis de sa bouche, c'était trop... La jalousie tue, comme on dit ». Une affirmation que les faits démentent cruellement, rappelant que ce sont bien les mains qui ont tué. La cour d'assises des Alpes-Maritimes rendra son verdict ce vendredi, mettant un terme à une affaire qui a profondément marqué la région.