Le fondateur de l'association les Anges de la rue, Robert Massaré, comparaît ce lundi 6 octobre devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il est accusé d'avoir hébergé des sans-abri dans des conditions indignes et de les avoir contraints à travailler sans rémunération. L'association, créée en 2014 à Sète, était soutenue par des personnalités médiatiques comme Cyril Hanouna.
Des conditions de vie déplorables
Fanny, fille d'une ancienne pensionnaire décédée, témoigne. Sa mère, âgée de 62 ans, s'est retrouvée à la rue en 2018 après une expulsion. En 2019, elle rejoint les Anges de la rue, attirée par la promesse d'un hébergement sécurisé et d'une aide administrative. En réalité, elle a été hébergée dans une bâtisse insalubre à Balaruc, sans portes, avec des câbles électriques défectueux, des fuites d'eau et des moisissures. Elle devait travailler de 9h à 19h à la distribution de paniers alimentaires, sans repos, et ne recevait que des plats cuisinés périmés.
Des signalements dès 2015
Dès 2015, des pensionnaires avaient dénoncé le travail forcé. L'inspection du travail avait signalé les faits au procureur. En 2017, un contrôle de gendarmerie avait révélé que des personnes étaient hébergées dans les combles d'un hangar à Gigean. En 2022, l'inspection du travail a découvert un élevage clandestin de chiens, impliquant le fils de Massaré, également poursuivi pour maltraitance animale et travail dissimulé.
Des faits de blanchiment
Robert Massaré est également poursuivi pour blanchiment, notamment pour l'achat d'un terrain à Mèze avec des fonds non déclarés provenant de la vente de paniers garnis. L'Urssaf et l'association Trente Millions d'Amis se sont constituées parties civiles.
Fanny, qui a porté plainte après avoir découvert la situation de sa mère, déclare : "Ma mère a reçu sa convocation au tribunal une semaine après son décès. Mais l'affaire est trop grave, nous voulons représenter les invisibles qui ont été piétinés." Une autre victime, âgée de 46 ans, est retournée dans la rue et est décédée depuis.



