Procès de l'horreur en Aveyron : un crime flou, un mobile crapuleux
Procès de l'horreur en Aveyron : crime flou, mobile crapuleux

Le procès de l'horreur s'ouvre ce lundi 19 mai 2025 devant la cour d'assises de l'Aveyron. Trois accusés sont jugés pour le meurtre barbare de Georges Meichler, surnommé "Diego", un homme sans histoire tué, démembré et dont le corps a été en partie cuisiné ou brûlé à Brasc en février 2023. Le verdict est attendu jeudi ou vendredi.

Qui sont les accusés ?

Philippe Schneider, né le 9 octobre 1966 à Alès, est le principal accusé. Surnommé "le dépeceur", il est jugé pour séquestration suivie de mort, recel du cadavre et atteinte à l'intégrité du corps. Son casier judiciaire ne mentionne que deux infractions mineures : une conduite sans permis en 2005 et un usage illicite de stupéfiants en 2017. Il est présenté comme l'instigateur du meurtre et celui qui a découpé le corps avant de le brûler ou de le cuisiner pour le faire disparaître.

Sa compagne, Nathalie Caboubassy, 14 ans sa cadette, est accusée de complicité. Le couple, qui aurait subi des abus sexuels durant l'enfance, s'est rencontré dans le Nord de la France avant de s'installer en Aveyron en 2019. Schneider se présentait comme "druide" et vendait une "Potion Magix" à base de plantes. Ils ont ensuite ouvert une pizzeria à Saint-Sernin-sur-Rance.

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Le troisième accusé, Loup Benarkia, né en 1998 à Saint-Affrique, est poursuivi pour complicité. Il aurait été présent tout au long du projet criminel, apportant une aide logistique en raison de sa force physique. Il est détenu au centre pénitentiaire de Béziers depuis son arrestation.

Comment la victime a-t-elle été tuée ?

Les circonstances exactes de la mort de Georges Meichler restent floues, faute de corps et de traces. Plusieurs versions ont été avancées par les accusés. Initialement, ils ont évoqué une mauvaise chute lors d'une rixe. Puis, lors des auditions, une autre version est apparue : la victime aurait été séquestrée, ligotée, frappée pour obtenir les codes de sa carte bancaire, et bâillonnée. Elle serait restée une nuit dans cette position avant de décéder. Loup Benarkia aurait constaté un "truc noir" dans la bouche de la victime, entouré de scotch.

Quel est le mobile ?

Le mobile du crime est également une zone d'ombre. Plusieurs hypothèses ont été évoquées : une dispute sur les mœurs libertines du couple, une accusation de pédophilie sur une nièce de Schneider (démentie par la suite), ou un mobile crapuleux. Ce dernier semble le plus crédible. Schneider, en grandes difficultés financières et empêtré dans des addictions, aurait déclaré : "Soit on commettait un délit, soit on se retrouvait à la rue." Il savait que la victime possédait des biens et aurait cherché à lui soutirer ses codes de carte bleue et ses numéraires.

Pourquoi avoir découpé et brûlé le corps ?

Philippe Schneider a expliqué avoir rapidement décidé de faire disparaître le corps. Il a transporté la dépouille dans un "big bag" jusqu'à un local appartenant à Benarkia à Coupiac, où il a procédé au dépeçage pendant une journée, tandis que ses complices surveillaient les alentours. Il a ensuite brûlé de nombreuses parties du corps dans une cheminée chez la victime, et cuisiné d'autres parties avec des légumes pour masquer l'odeur. Un feu de camp a également été allumé dans un champ pour brûler d'autres restes. Ancien boucher, Schneider a comparé son geste à "traiter un agneau".

Le procès se déroule devant la cour d'assises de l'Aveyron, présidée par Charles Pinarel. Les jurés devront démêler les versions contradictoires et rendre leur verdict en fin de semaine.

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