Peine de mort : une avocate niçoise s'inquiète des propos lors de l'hommage à Lyhanna
Peine de mort : une avocate niçoise s'inquiète

Lors du rassemblement en hommage à Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, des pancartes réclamant le retour de la peine de mort ont été brandies devant le palais de justice de Nice. Cette scène a profondément inquiété Mireille Damiano, avocate au barreau de Nice et ancienne candidate de La France Insoumise (LFI) aux élections municipales.

Des slogans radicaux dans un contexte émotionnel

Quelque 200 rassemblements étaient organisés avant-hier à 19 heures, devant les palais de justice de plusieurs villes, pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer des « dysfonctionnements » de la justice, dans un contexte de pédocriminalité. À Nice, plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Si la majorité des slogans réclamaient « justice pour Lyhanna » ou « pédocriminels en prison », certains participants ont ostensiblement demandé le retour de la peine capitale.

« On avait malheureusement des pancartes qui étaient favorables à la peine de mort, on a eu une petite chanson diffusée où il était question que si la justice ne faisait pas son travail, on la ferait nous-même », a déploré Mireille Damiano. Selon elle, « haranguer comme ça la foule qui est dans l'émotion la plus totale – et c'est bien normal – ce n'est pas forcément une bonne idée. »

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Une avocate engagée pour la protection de l'enfance

Au-delà de son engagement politique, Mireille Damiano est avocate et membre du Syndicat des avocats de France. Elle a participé à la création des avocats de l'enfance. « Nous, ça fait des années qu'on dénonce la priorité donnée au pénitentiaire, aux actions de buzz, à la délinquance de masse, et que l'on ne s'occupe pas de cette délinquance qui est quand même complexe, et qui exige des moyens très conséquents en enquêteurs spécialisés », a-t-elle expliqué.

Elle a également souligné la difficulté du recueil de la parole de l'enfant avec l'aide de spécialistes, rappelant l'affaire Dutroux où des enfants ont été instrumentalisés. « Délivrer un message contre le juge, le policier, ou l'individu qui traite un dossier, pour nous, ce n'est pas la bonne réponse. Ce qu'il faut, ce sont des moyens conséquents, mais on ne rattrapera pas le retard en quelques coups de gueule », a-t-elle ajouté.

Le respect de la présomption d'innocence en question

L'avocate a également insisté sur l'importance de la présomption d'innocence. « Quand on entend les critiques sur les classements sans suite faute de preuves… J'ai envie de dire que si c'était vos enfants, vos cousins, vos maris ou autre qui étaient condamnés à de la prison dans des dossiers vides, la réflexion serait peut-être différente », a-t-elle déclaré.

Ces propos interviennent alors que l'affaire Lyhanna suscite une vive émotion et des débats sur les moyens de la justice. Le gouvernement a déjà annoncé des mesures, notamment le renforcement des peines et un délai contraint pour les enquêtes.

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