Pau : 5 prévenus jugés pour crimes graves dans le quartier Ousse-des-Bois
Pau : 5 prévenus jugés pour crimes graves en quartier sensible

Un procès pour crimes graves s'ouvre à Pau

Cinq prévenus comparaissent mercredi 8 et jeudi 9 avril devant le tribunal correctionnel de Pau pour des faits criminels survenus en 2023 dans le quartier prioritaire de l'Ousse-des-Bois. La vice-procureure de la République, Orlane Yaouanq, a prononcé des réquisitions particulièrement sévères, demandant des peines de prison ferme allant jusqu'à quatorze années d'incarcération.

Des réquisitions à la hauteur de la gravité des faits

Face aux cinq accusés, la magistrate n'a pas fait dans la dentelle en requérant des peines allant de trois à quatorze ans de détention. Pour chaque prévenu, elle a également demandé une interdiction de paraître dans le département des Pyrénées-Atlantiques pendant cinq années complètes. Ces réquisitions importantes témoignent de la nature extrêmement grave des faits reprochés, qui auraient pu relever de la cour d'assises.

Parmi les cinq individus masculins concernés par cette affaire, un seul comparaît libre sous contrôle judiciaire. Les quatre autres sont maintenus en détention provisoire depuis leur interpellation en 2024, illustrant les risques de fuite ou de récidive considérés par la justice.

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Une fusillade avec arme de guerre en plein jour

Les faits les plus marquants remontent au 26 octobre 2023, lorsqu'une fusillade a éclaté en pleine journée dans le quartier Ousse-des-Bois. Selon l'accusation, deux des prévenus se seraient rendus à Savigny-sur-Orge, en région parisienne, les 12 et 13 octobre 2023 pour y acquérir une arme de guerre : un fusil d'assaut américain de type M16.

Cette arme aurait ensuite été utilisée lors de l'attaque contre un point de deal tenu par des Tchétchènes, dans ce que la vice-procureure qualifie de tentative de reconquête d'une « place commerciale ». Les tireurs, vraisemblablement les mêmes qui avaient cherché l'arme, ont ouvert le feu à hauteur d'homme avec le fusil et une arme de poing, sans toutefois atteindre leurs cibles.

Une séquestration avec torture et menaces de mort

Le tribunal devra également se prononcer sur des événements survenus dans la nuit du 20 au 21 novembre 2023, où un homme a été séquestré et menacé de mort par quatre des prévenus. La victime a subi des violences collectives et des menaces de torture, avec notamment l'introduction du canon d'un revolver dans sa bouche et des simulations de roulette russe contre sa tête.

« La victime s'est vue mourir et a conservé des séquelles », a tempêté Orlane Yaouanq lors de l'audience. Ces faits sont qualifiés de crimes par le parquet, qui souligne la brutalité exceptionnelle des actes commis.

Des trous de mémoire troublants chez les prévenus

Face à ces accusations graves, tous les prévenus ont plaidé leur innocence totale lors de l'audience de mercredi. Leurs explications ont varié de la méconnaissance mutuelle à la possession involontaire de lignes téléphoniques les localisant sur les lieux des faits, en passant par la découverte fortuite d'armes dans des véhicules.

La vice-procureure a cependant souligné que « les éléments ne se relient entre eux que parce que les prévenus sont coupables et ont commis l'ensemble des faits qui leur sont reprochés ». Elle a également pointé l'attitude peu coopérative des accusés, tant lors des gardes à vue que devant les juges.

Un changement d'échelle dans la criminalité paloise

Orlane Yaouanq a alerté sur une évolution préoccupante de la délinquance dans la région paloise : « On a passé un cap dans la criminalité paloise. Trouver des armes de guerre n'est plus l'exception. On a basculé dans une autre dimension, très loin de la gestion du trafic en bons pères de famille ».

La magistrate a également évoqué l'impact sur les habitants du quartier, qui « ont peur de parler ou même de sortir de peur de prendre une balle perdue ». Cette affaire illustre selon elle les tensions croissantes entre groupes qui se disputent le contrôle territorial dans les quartiers sensibles de l'agglomération.

Le jugement est attendu avec attention, tant pour la sévérité des peines requises que pour le signal qu'il enverra concernant la lutte contre les violences armées dans les quartiers prioritaires de la ville.

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